Lettres de François Mitterrand à Anne Pingeot: Nicolas Sarkozy n'aime pas cette «impudeur»

LITTERATURE L’ancien chef de l’Etat trouve ça « gênant »…

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Sarkozy estime que cela «appartient à l'intime».
Nicolas Sarkozy estime que cela «appartient à l'intime». — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

La publication des lettres de François Mitterrand à Anne Pingeot a « gêné » Nicolas Sarkozy. Une telle publication renvoie au « Moyen-Âge », l’époque où une deuxième famille pouvait être secrètement logée aux frais de l’Etat, a estimé l’ancien président, tout en justifiant l’officialisation de sa liaison avec Carla Bruni en 2008.

Les éditions Gallimard ont publié la correspondance (Lettres à Anne 1962-1995 et Journal pour Anne 1964-1970) que l’ancien président a entretenue avec Anne Pingeot, mère de Mazarine Pingeot dont l’existence fut révélée aux Français en toute fin du second mandat de M. Mitterrand, en novembre 1994.

« C’est le Moyen Age »

« Je suis un peu gêné. D’abord parce que je trouve ces lettres talentueuses et incontestablement, c’est une information importante. De l’autre, je n’aime pas cette transparence. Cette espèce d’impudeur qui consiste à tout balancer. Je n’aime pas ça, je trouve ça gênant, je pense que ça appartient à l’intime », a déclaré Nicolas Sarkozy sur France Inter, qui s’est vu reprocher à plusieurs reprises de faire l’étalage de sa vie privée.

« En même temps je me dis "comme les choses ont changé !" Imaginez que moi, j’aie fait vivre une famille officieuse dans les palais de la République, sans que personne n’en dise un mot ! Vous vous rendez compte, qu’est-ce qu’on me dirait aujourd’hui ? »

« C’est pas un problème moral. On a l’impression que c’est le Moyen Age. Vous imaginez ? Le président Hollande ou le président Sarkozy faisant ça ? Qu’est-ce qu’on dirait ? », a-t-il insisté.

« Vous m’interrogez sur ces lettres, vous me dîtes "c’est beau, c’est magnifique, c’est émouvant, c’est bien écrit". Bon. Ils vivaient où ? Je vois que le silence sur le plateau en dit long. »

« Une femme qu’on aime, on ne la traite pas comme une maîtresse »

Relancé sur l’officialisation de sa liaison avec Carla Bruni lors d’une conférence de presse à l’Elysée en 2008, Nicolas Sarkozy a répondu : « est-ce que j’ai toujours bien fait en la matière ? J’ai sans doute beaucoup fauté. Au moins on peut apprendre ». Mais « une femme qu’on aime, on ne la traite pas comme une maîtresse. Je n’ai pas voulu ça ».

Et d’ajouter : « je l’ai peut-être mal fait, j’ai peut-être choqué, j’ai peut-être été maladroit. Mais je vais vous dire quelque chose : une femme qu’on aime, on la protège. Et quand on est président de la République, on lui donne un statut », taclant François Hollande, qui n’a pas officialisé sa relation avec Julie Gayet, et n’était pas non plus marié avec Valérie Trierweiler, son ancienne compagne.

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« J’ai voulu, en disant ça - peut-être de manière maladroite - dire "voilà, Carla sera mon épouse". C’est Carla Bruni, avec sa carrière, elle sera mon épouse. Je n’ai pas voulu de photos glauques, partant d’un domicile et parlant de la maîtresse du président de la République. »

Une dernière phrase qui vise de nouveau et encore plus directement l’actuel chef de l’Etat, dont des photos de la relation avec la comédienne Julie Gayet avaient été publiées par le magazine Closer en janvier 2014 alors qu’il était en couple avec Valérie Trierweiler.