La visite en catimini de François Hollande à Florange

INDUSTRIE Le chef de l’Etat a soigneusement évité de croiser les syndicats contestataires…

20 Minutes avec AFP

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Le président de la République Francois Hollande après sa rencontre avec les syndicats et la direction de l'usine ArcelorMittal.
Le président de la République Francois Hollande après sa rencontre avec les syndicats et la direction de l'usine ArcelorMittal. — POL EMILE

Il est arrivé très discrètement peu après 15h30. François Hollande a commencé sa visite ce lundi en toute discrétion sur le site des hauts fourneaux d’ArcelorMittal à Florange (Moselle), dans un jeu du chat et de la souris avec les syndicats contestataires.

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Le chef de l’Etat a salué les salariés, parmi lesquels de jeunes embauchés et des représentants de la CFDT et de la CFE-CFC, les deux syndicats majoritaires, dans le hall du bâtiment. Les journalistes ont été priés de rester à l’écart dans une salle aménagée au sous-sol du bâtiment. Plusieurs centaines de mètres plus loin, la CGT avait rassemblé dès le matin quelques dizaines de militants pour dénoncer les « promesses non tenues » du président.

Le Président a expliqué avoir « respecté l’ensemble de (ses) engagements »

Ce dernier est pourtant venu expliquer aux salariés qu’en dépit de la fermeture des hauts fourneaux en 2013, il « a respecté l’ensemble de [ses] engagements » pris lors de la campagne présidentielle de 2012. Une manière de vanter son bilan avant une éventuelle annonce de candidature début décembre. « Je leur avais fait deux promesses : sauver le site et éviter tout plan social. Elles ont été tenues. Les 650 salariés qui travaillaient sur le haut-fourneau ont été reclassés sur place et aucun n’a été licencié », explique-t-il dans une interview aux journaux du groupe Ebra.

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François Hollande a également souligné avoir obtenu « 180 millions d’investissements du groupe ArcelorMittal à Florange » et met en avant la création d’un centre de recherche publique pour la sidérurgie lorraine pour laquelle l’Etat a déjà débloqué « 20 millions d’euros ». Selon la CGT du site cependant, sur ces 180 millions effectivement versés par le groupe industriel, seuls 53 millions l’ont été pour des investissements stratégiques. Le reste concernait notamment la maintenance des installations et des formations à la sécurité, affirme le syndicat.

Mais le chef de l’Etat, qui effectue sa première visite de terrain depuis la parution d’un livre truffé de confidences présidentielles qui ont déstabilisé jusqu’au sein de son gouvernement, n’a donc croisé ni la CGT, ni FO, qui avait décidé de boycotter entièrement la visite présidentielle, ni SUD.