Florange: François Hollande attendu de pied ferme par les syndicats

POLITIQUE Le président de la République assure avoir tenu ses promesses malgré la fermeture des hauts fourneaux en 2013, mais la CGT a appelé les ouvriers à se mobiliser ce lundi…

20 Minutes avec AFP

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François Hollande est déjà venu à deux reprises à Florange, en septembre 2013 et novembre 2014, des déplacements chaque fois assez chahutés.
François Hollande est déjà venu à deux reprises à Florange, en septembre 2013 et novembre 2014, des déplacements chaque fois assez chahutés. — PATRICK HERTZOG / AFP

François Hollande est attendu de pied ferme. Le président de la République effectue ce lundi après-midi une visite sur le site des hauts fourneaux d’ Arcelor Mittal à  Florange, où il pourrait recevoir un accueil musclé des syndicats. Déstabilisé par des confidences explosives à des journalistes, François Hollande vient à Florange pour expliquer aux salariés qu’en dépit de la fermeture des hauts fourneaux en 2013, il « a respecté l’ensemble de (ses) engagements » pris lors de la campagne présidentielle de 2012.

Une manière de vanter son bilan avant une éventuelle annonce de candidature début décembre.

Des promesses tenues

« Je leur avais fait deux promesses : sauver le site et éviter tout plan social. Elles ont été tenues. Les 650 salariés qui travaillaient sur le haut-fourneau ont été reclassés sur place et aucun n’a été licencié », explique-t-il dans une interview aux journaux du groupe Ebra publié le jour même de son déplacement.

François Hollande souligne aussi avoir obtenu « 180 millions d’investissements du groupe Arcelor Mittal à Florange » et met en avant la création d’un centre de recherche publique pour la sidérurgie lorraine pour laquelle l’Etat a déjà débloqué « 20 millions d’euros ».

Mais l’accueil risque d’être des plus frais pour le chef de l’Etat, qui effectue sa première visite de terrain depuis la parution d’Un président ne devrait pas dire ça…, écrit par deux journalistes du Monde truffé de confidences présidentielles qui ont déstabilisé jusqu’au sein de son gouvernement.

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Les salariés appelés à se mobiliser

Dans l’interview au groupe Ebra, il tente de tourner cette page en appelant à « ne pas se laisser emporter par tel ou tel bout de phrase ». Sur place, la CGT a appelé les salariés à se mobiliser dès 8 h 30 en tenue de travail à l’entrée de l’usine à chaud pour une démonstration de « colère » et tiendra une conférence de presse à 14 h pour dénoncer « pièces à l’appui » les « engagements non tenus » de François Hollande.

Force ouvrière a décidé pour sa part de boycotter la visite afin de « dénoncer » pêle-mêle la loi Travail et « les engagements non tenus sur le maintien des hauts-fourneaux et la nationalisation du site ». Ces deux syndicats avaient refusé de signer l’accord social conclu en décembre 2012 entre les directions et la CFDT et CFE-CGC.

Lors de son déplacement, François Hollande doit successivement rencontrer direction et représentants syndicaux dans les Grands-bureaux d’Arcelor Mittal à 15 h 30, inaugurer le centre de recherche baptisé Metafensch installé à Uckange (Moselle) où il doit prononcer un discours à 17 h 30 avant de visiter l’entreprise Thyssenkrupp de Florange.