VIDEO. José Bové finalement autorisé à entrer au Canada

CANADA Le député européen avait d'abord été prié de rentrer en France en raison de son passé «criminel»...

M.C. avec AFP

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José Bové en conférence de presse à Montréal, le 12 octobre 2016.
José Bové en conférence de presse à Montréal, le 12 octobre 2016. — Clément SABOURIN / AFP

Revirement de situation pour José Bové. Quelques heures après s’être fait saisir son passeport à l’aéroport de Montréal, le député vert européen a finalement été autorisé mercredi à séjourner au Canada, où il souhaite dénoncer le traité de libre-échange avec l’Union européenne (Ceta).

Arrivé mardi soir de Paris, l’altermondialiste a dans un premier temps été retenu à sa descente d’avion par la police des frontières qui lui a ensuite confisqué son passeport, le priant de regagner la France par le premier vol pour Paris, soit mercredi après-midi. En conférence de presse mercredi matin, il a expliqué que les autorités canadiennes lui reprochaient son passé « criminel » et sa condamnation à trois mois de prison pour son implication dans la destruction d’un restaurant McDonald’s en 1999.

Quelques minutes plus tard, José Bové, qui souhaite participer à diverses manifestations anti-Ceta organisées en marge de la visite au Canada de Manuel Valls, a reçu un appel de la police des frontières canadiennes l’informant, selon lui, d’un « revirement de situation ». Il s’est vu accorder un visa spécial de sept jours, qui lui coûtera 200 dollars canadiens (136 euros).

Ce « permis de séjour temporaire » lui a été délivré après une intervention discrétionnaire du ministre de l’Immigration John McCallum, a indiqué sa conseillère principale, Camielle Edwards. Elle a justifié cette volte-face en expliquant que « la nécessité » de laisser entrer José Bové au Canada « l’emporte sur les risques liés à la santé ou à la sécurité pour la société canadienne ».

« C’est dans l’intérêt du Canada, a-t-elle ajouté, de permettre à un membre français du Parlement européen d’entrer librement au Canada afin qu’il puisse donner son opinion concernant une question importante pour les Canadiens, comme l’Accord économique et commercial global », nom officiel en français de ce traité de libre-échange.

Par sa présence au Canada, José Bové souhaite susciter le débat sur l’accord de libre-échange UE-Canada. Cette entente commerciale doit être ratifiée par Ottawa et Bruxelles le 27 octobre et entrer en application dès 2017. Selon le député européen, cet accord affaiblit les Etats face aux entreprises multinationales et ne respecte pas les principes environnementaux consacrés par l’Accord de Paris sur le climat.