Après les propos de Hollande sur la «lâcheté» de la justice, les deux plus hauts magistrats reçus à l'Elysée

POLEMIQUE Les confidences du chef de l’Etat dans un livre risquent de faire voler en éclats la relation plutôt apaisée avec les magistrats…

20 Minutes avec AFP
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François Hollande à l'Elysée.
François Hollande à l'Elysée. — STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP

Après la publication de propos polémiques de  sur la « lâcheté » de l’institution judiciaire, les deux plus hauts   de France, le premier président et le procureur général près  , doivent rencontrer ce mercredi à 20h le chef de l’Etat. Bertrand Louvel et Jean-Claude Marin ont demandé cette entrevue, selon un porte-parole de la plus haute juridiction française.

Ils veulent « essayer de comprendre » des commentaires rapportés  des journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet.

« Cette institution, qui est une institution de lâcheté… »

Dans ce livre, François Hollande semble parfois compatir avec les ennuis judiciaires de son prédécesseur . Evoquant la géolocalisation par les juges de ses téléphones, il déclare : « S’il n’y a rien dans le dossier, c’est choquant, c’est vrai. » « C’est hélas le comportement de la justice », lâche-t-il même.

Puis le président tient des propos franchement critiques : « Cette institution, qui est une institution de lâcheté… Parce que c’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux… On n’aime pas . La justice n’aime pas le politique… » Ces déclarations risquent de faire voler en éclats une relation plutôt apaisée entre le chef de l’Etat et les magistrats.

« Consternation » chez les magistrats

Ces derniers lui savent gré de n’avoir jamais critiqué publiquement des juges, à l’inverse de Nicolas Sarkozy, et d’avoir laissé travailler les procureurs sans leur donner d’instructions dans des affaires individuelles. Mais ces déclarations ont unanimement été condamnées.

Mercredi, , organisation largement majoritaire dans la profession et qui avait reçu François Hollande à son congrès vendredi dernier, a fait part de sa « consternation ». Clarisse Tarron, présidente du   organisation classée à gauche, a qualifié de « regrettable » la critique faite par le chef de l’Etat.