Hollande se confie sur ses ex, ses rivaux et ses plateaux-repas à l’Elysée

PRESIDENCE Le président de la République a été très bavard avec les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, dans un livre à paraître jeudi…

O. P.-V.

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François Hollande au Parlement européen le 11 octobre 2016
François Hollande au Parlement européen le 11 octobre 2016 — FREDERICK FLORIN / AFP

François Hollande adore parler aux journalistes, à tel point que les livres rapportant « les petites confidences » (qui n’en sont plus vraiment) du chef de l’Etat se succèdent à un rythme accéléré à quelques mois de l’élection présidentielle. Pour Un président ne devrait pas dire ça… (éditions Stock), en librairie jeudi, les auteurs Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont eu droit à un traitement particulier : François Hollande les a reçus 61 fois en tête-à-tête. De quoi s’offrir quelques sentences plus piquantes que dans les autres ouvrages consacrés au quinquennat Hollande, publiées ce mercredi par Le Parisien et L’Express.

Quand François Hollande parle de lui-même

Si le président passe autant de temps avec les médias, ce serait par peur de ne laisser aucune trace de son mandat. Alors il s’arrange pour faire lui-même le récit de son quinquennat, par le biais des journalistes : « J’aimerais que l’on dise de moi, puisque c’est la vérité, que j’ai été courageux. » François Hollande se veut courageux, et seul, comme « un spectre » à l’Elysée, où il passe ses soirées devant BFMTV à s’alimenter en plateaux-repas. Mais s’il a un peu de mal avec la solitude, le chef de l’Etat ne se fait pas pour autant de cheveux blancs : il l’assure, pour ceux qui se posaient la question (Nicolas Sarkozy par exemple), il ne se teint pas les cheveux

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Quand François Hollande parle de ses proches et de ses alliés

Les relations sentimentales de François Hollande ont aussi rythmé le quinquennat. Au sujet de Julie Gayet, il a dit aux deux journalistes se refuser à officialiser leur relation tant qu’il sera président. « Y compris pour le second quinquennat », précise-t-il dans un curieux lapsus. Le livre de son ex-compagne Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment, n’était pour lui « pas malveillant, mais l’acte d’une femme malheureuse », bien qu’il ne le lira pas. Et surtout, il y a Ségolène Royal, « celle qui le connaît le mieux » et dont il est « le plus proche ». Mais il n’y a pas que les femmes, il y a aussi Manuel Valls, un chef de gouvernement d’une « loyauté absolue », à qui il donnerait son aval pour prendre sa suite si jamais il ne postulait pas à un second mandat.

Quand François Hollande parle de ceux qu’il n’aime pas ou plus trop (surtout Nicolas Sarkozy)

Justement, le point de vue du président sur son Premier ministre contraste avec ce qu’il dit d’Emmanuel Macron. Pas loyal, alors qu’il l’avait cru « authentiquement de gauche », et pensait même nommer l’ancien ministre de l’Economie au ministère du Travail. Le président égratigne au passage les Verts qualifiés de « cyniques » et d’« emmerdeurs ».

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Et surtout il y a Nicolas Sarkozy, l’autre « spectre » du livre tant les allusions de François Hollande à son prédecesseur sont nombreuses. En vrac, l’actuel candidat à la primaire de la droite, surnommé « de Gaulle le petit », serait « un lapin Duracell, toujours en train de s’agiter », incapable de faire « le partage entre ce qui est possible et ce qui n’est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent », obsédé par l’argent (« Uniquement l’argent ! Que l’argent… ») et qui se caractériserait par « sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme ». Mais attention, en cas de second tour Sarkozy-Le Pen en mai prochain, « s’il fallait à appeler à voter [pour le premier], on le ferait ».

En outre, le président et son prédécesseur ont un point commun : ils n’aiment pas les juges. Sarkozy les appelait « les petits pois », Hollande y voit « une institution de lâcheté […] tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux… »

Quand François Hollande parle de ses convictions politiques

La partie la plus étonnante est peut-être là. François Hollande aborde notamment le sujet de la religion musulmane dans des termes qu’on ne lui connaissait pas : « Il y a un problème avec l’islam, parce que l’islam demande des lieux, des reconnaissances. Ce n’est pas l’islam qui pose un problème dans le sens où ça serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu’elle veut s’affirmer comme une religion dans la République ». Selon lui, « la femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain », car la République la libérerait du port du voile, pour le président.

Autres propos inattendus, sur l’immigration. Il y en a trop pour le président socialiste : « Trop d’arrivées, trop d’immigration qui ne devrait pas être là ». Enfin, dans le livre de Davet et Lhomme, on apprend que François Hollande est pour la PMA, mais contre la déchéance de nationalité et la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.