Primaire de la droite: A Orléans, la campagne «chaleur et convictions» de NKM

REPORTAGE La candidate à la primaire à droite Nathalie Kosciusko-Morizet mène une campagne loin du faste...

Anne-Laëtitia Béraud

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Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire à droite, le 10 octobre 2016 à Orléans.
Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire à droite, le 10 octobre 2016 à Orléans. — A.-L.Béraud/20 Minutes

Lundi soir à Orléans, au premier étage dans une brasserie du centre-ville. Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire à droite, vient parler avec des sympathisants après avoir visité l’après-midi la plateforme d’Amazon à Saran (Loiret). « Ce soir, il y a la chaleur et des convictions », sourit-elle dans l’atmosphère surchauffée de la mezzanine où se pressent 70 personnes. A ses côtés, ses « marraines » Nathalie Kerrien, adjointe UDI au maire d’Orléans, ou Constance de Pélichy, maire LR de La Ferté Saint-Aubin et déléguée de la campagne de NKM dans le Loiret.

Le cadre orléanais est à mille lieues du meeting de son concurrent Nicolas Sarkozy, qui, la veille, a rempli le Zénith à Paris avec 5.000 militants remontés à bloc. Entre une bière et un diabolo menthe, la candidate se fait la porte-voix d’un libéralisme économique et sociétal, « à la différence de beaucoup [de ses adversaires] socialement conservateurs ». La discussion tourne autour de l’économie collaborative, l’innovation et la créativité, avant de passer à la décentralisation, dadas de l’ancienne ministre. Sans oublier quelques tacles à propos de « la droite de conservation », « le monde politique qui s’obsède beaucoup sur l’immigration », ou encore les candidats aux « 312 mesures »…

« 500.000 à 600.000 euros tout compris »

Le choix d’une brasserie pour mener campagne n’est pas forcément un choix pour celle qui est placée en 5e position dans les sondages, aux alentours de 4 %. Il est aussi guidé par la nécessité économique : dans cette primaire à droite, chaque candidat se débrouille pour récolter des dons des particuliers. Depuis deux ans, Alain Juppé a récolté environ trois millions d’euros, quand Bruno Le Maire a levé près de deux millions. Ensuite, le plafond des dépenses par candidat ne doit pas excéder 1,5 million d’euros. A eux de gérer leurs dépenses, et miser sur quelques gros coups, comme le meeting à 120.000 euros de Nicolas Sarkozy au Zénith, ou la grande réunion publique à 150.000 euros de Bruno Le Maire aux Docks d’Aubervilliers, en mars 2016.

Un type de show qui agace la candidate. « Quand je vois les sommes dépensées par certains concurrents, je trouve cela effarant, indécent pour certains meetings… On peut se faire entendre autrement qu’à grands coups de projecteurs, de meetings à l’américaine », affirme Nathalie Kosciusko-Morizet à 20 Minutes.

Ses dépenses seront donc plus sages. « On sera 500.000 à 600.000 euros tout compris, avec un grand meeting parisien à la fin de la campagne ». En attendant, la candidate utilise les réseaux sociaux pour minimiser les frais. « J’utilise beaucoup la vidéo et les réseaux sociaux pour toucher tous les Français, car c’est une primaire ouverte », dit Nathalie Kosciusko-Morizet, montrant le cameraman qui la suit. Des « canaux alternatifs », assure-t-elle, pour tenter se faire entendre dans cette primaire à droite.