Primaire de la droite: Juppé tacle Sarkozy sur les référendums et son «avenir judiciaire»

LES REPUBLICAINS « En matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu’un avenir »…

20 Minutes avec AFP
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Montage photo Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, candidats à la primaire à droite.
Montage photo Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, candidats à la primaire à droite. — SIPA/20 Minutes

La bataille entre les deux favoris à la primaire de droite est de plus en plus rude. Alain Juppé  a lâché ce lundi soir sur BFMTV au détour d’une réponse qu'« en matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu’un avenir », tout en assurant que ces propos ne visaient personne.

Le maire de Bordeaux était interrogé sur sa condamnation de 2004, un an d’inéligibilité pour « prise illégale d’intérêt » et 14 mois avec sursis, dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Visé par Le Maire et Macron

Il a dit que « naturellement » il se sentait visé par la proposition de Bruno Le Maire ou celle d’Emmanuel Macron d’avoir un casier judiciaire vierge quand on est candidat.

« Tout le monde connaît ma situation, je me suis exprimé et je crois que les Français m’ont compris et qu’ils m’ont relégitimé à plusieurs reprises », a-t-il dit.

Le maire de Bordeaux a par ailleurs nommément accusé  Nicolas Sarkozy d’aborder les sujets « par le petit bout de la lorgnette », en évoquant les référendums proposés par l’ex-chef de l’État.

Dans un billet, publié lundi sur son blog et intitulé « Du bon usage du référendum », l’ex-Premier ministre estime que « les questions posées, telles qu’elles sont envisagées aujourd’hui, ne sont pas à la hauteur des enjeux ». « Je dirais même qu’elles abordent le problème par le petit bout de la lorgnette », ajoute-t-il.

« De la confusion dans les choix de nos concitoyens »

« Veut-on faire la courte échelle au Front national en focalisant tout sur le regroupement familial, les fichés S… voire le rétablissement du cumul des mandats ? » s’interroge le maire de Bordeaux, estimant que faire des référendums au moment des élections législatives va « créer de la confusion dans les choix de nos concitoyens ». « Les propositions qui se succèdent ces jours-ci ne me semblent pas s’inscrire dans cette belle idée » du référendum tel que le général de Gaulle l’envisageait, déplore Alain Juppé.

Le regroupement familial, que Nicolas Sarkozy propose de suspendre et sur lequel l’ex-président veut consulter les Français, « concerne à peine plus de 10.000 personnes sur les 200.000 nouveaux arrivants sur notre sol », écrit Alain Juppé. « J’ai proposé de durcir les conditions de son application, mais il me semble qu’il serait excessif de le suspendre », redit le maire de Bordeaux.

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Concernant l’autre référendum récemment proposé par Nicolas Sarkozy sur les fichiers S « les plus dangereux », Alain Juppé estime, et répète, que « pour les fichés S considérés comme potentiellement dangereux, la justice peut engager des poursuites ; l’état d’urgence permet des placements en résidence surveillée ; il ne faut pas exclure le placement en centres de rétention, à la condition qu’il se fasse avec intervention du juge judiciaire ».