Référendums, «élites», identité nationale... Le discours de Nicolas Sarkozy au Zénith en trois points

POLITIQUE Ce dimanche, Nicolas Sarkozy a prononcé un long discours à Paris, à six semaines de la primaire de la droite et du centre...

F.R. avec AFP

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Nicolas Sarkozy a prononcé un discours le 9 octobre 2016 au Zénith de Paris, en vue de la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle.
Nicolas Sarkozy a prononcé un discours le 9 octobre 2016 au Zénith de Paris, en vue de la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle. — AFP

Ce dimanche, Nicolas Sarkozy assurait un meeting au Zénith de Paris, devant quelque 5.000 supporters. Voici ce qu’il faut retenir de son discours…

  • Les classes moyenne et populaire contre les « élites »

Nicolas Sarkozy a clamé vouloir être candidat « pour parler du quotidien des Français, pas pour être le représentant d’une élite pour qui tout va bien », et vouloir « parler au nom de cette majorité silencieuse » exposée « aux maux si profonds du pays ».

Une nouvelle attaque envers une frange de la population qualifiée de « bien-pensante » et qui, travaillée par l’entre-soi, serait coupée des réalités. « Cette élite, elle ne prend pas le métro, elle voit les trains de banlieue en photo, elle regarde avec une larme à l’œil les collèges de ZEP (…).Cette élite-là, elle n’a jamais mis les pieds dans les exploitations agricoles au bord du gouffre même si elle aime avec son panier, en osier, aller acheter des œufs frais, le matin chez la fermière », a déclaré le prédécesseur de François Hollande. Il l’a opposée, avec des trémolos dans la voix, à « cette France de la vie réelle qui est regardée de haut, cette France majoritaire, qui se sent incomprise, qui se sent maltraitée, qui se sent bafouée, qui ne se sent plus représentée, qui n’est plus considérée. »

  • Des référendums, comme de Gaulle

Nicolas Sarkozy, tient à ses référendums sur l’immigration et la sécurité. Plus précisément sur la suspension du regroupement familial et la rétention administrative pour les fichés S « les plus dangereux ». « Je solliciterai l’avis des Français (…) car cela sera à eux de décider (…). Regardez-les, écoutez-les. En appeler au peuple ! Quel scandale ! Quel populisme ! Et puis, en plus, ce serait impossible », s’est-il enflammé en désignant « les juristes, les spécialistes, l’Etat de droit, le Conseil d’Etat…»

A la mi-journée, Jean-François Copé, lui aussi candidat à la primaire, invité de Punchline sur C8 avait déclaré : « Les référendums, c’est un peu démago et en même temps suicidaire, parce qu’on les perd tout le temps ». Il avait aussi affirmé : « Un référendum ne peut être fait que dans des domaines très précis, pas dans n’importe quelles conditions, il y a une énorme faille juridique dans la proposition de Nicolas Sarkozy. »

Au Zénith, l’ex-chef de l’Etat a raillé : « ce nouveau "cartel des Non" qu’a si bien connu le général de Gaulle, qui n’a à la bouche que la démocratie participative mais qui s’étrangle d’indignation à l’idée que l’on puisse solliciter directement le peuple. Je ne suis décidément pas des leurs". Une manière également de sous-entendre qu’il est, à sa façon, un héritier du gaullisme.

  • Une opposition réaffirmée au communautarisme

Raillé pour sa sortie sur les « ancêtres Gaulois » des Français, Nicolas Sarkozy a de nouveau rappelé ses propos en qualifiant ceux qui s’en sont moqués ou qui les ont critiqués de « militants du renoncement ». « Je ne renoncerai pas à l’assimilation, parce que c’est le seul objectif qui soit conforme à la définition que nous nous faisons de la Nation » a-t-il asséné. Selon lui, « toute personne qui veut entrer dans la communauté nationale doit accepter et faire sien notre récit national, nos moeurs, nos valeurs, notre mode de vie. »

« Jamais je ne renoncerai à combattre le communautarisme car il est à l’exact opposé de notre modèle. Jamais je n’accepterai qu’il s’immisce à l’école, à l’université, dans l’entreprise, dans les piscines, sur les plages, par des provocations d’une minorité qui porte le projet d’un islam politique », a-t-il également déclaré, confirmant aux observateurs que la question de l’identité nationale a de fortes chances d’être au menu de la campagne.