Primaire à droite: Au Zénith, Nicolas Sarkozy se veut le chef d'orchestre du peuple

MEETING A six semaines du premier tour de la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy a tenu un grand meeting ce dimanche à Paris dans la salle du Zénith...

Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Sarkozy, entouré par Eric Woerth (à g.) et François Baroin, lors de son meeting au Zénith de Paris, le 9 octobre 2016, en vue de la primaire de la droite et du centre.
Nicolas Sarkozy, entouré par Eric Woerth (à g.) et François Baroin, lors de son meeting au Zénith de Paris, le 9 octobre 2016, en vue de la primaire de la droite et du centre. — AFP

Réussir à donner le « la » de la campagne à droite. C’est le pari de Nicolas Sarkozy, qui réalisé ce dimanche au Zénith à Paris l’un des plus gros meetings de sa campagne pour la primaire à droite. Dans la salle de spectacles qui a accueilli les Enfoirés, Ariana Grande ou Booba, et devant environ 5.000 personnes chauffées à blanc, Nicolas Sarkozy a été le chef d’orchestre parmi les siens, aimant avec son public, violent avec ses opposants.

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En prélude, Ingrid Betancourt, ex-otage des Farc, Laurent Waquiez, patron des Républicains, et François Baroin, « premier ministrable » en cas de victoire à l’Elysée en 2017, ont formé les chœurs. A la Franco-Colombienne, la corde sensible : « Nicolas Sarkozy est le seul candidat qui a eu le cœur de s’engager pour que je vive (…) Craint par ses ennemis, admiré par ses amis, voilà l’homme qui est digne d’être le président de la France. »

A François Baroin, les grandes orgues : « Je suis à tes côtés et je n’ai pas fait ce choix par hasard (…) Tu es le seul pour moi dans notre famille, en ces temps tellement pas ordinaires, à avoir le courage et la force. »

Donner la cadence de la campagne 

Crescendo, Nicolas Sarkozy a entonné la ritournelle de ses thèmes favoris de campagne (identité, immigration, islam et terrorisme). A droite toute, il a fustigé la « racaille » dans les banlieues, « la menace des barbares » terroristes, ou encore « les délinquants récidivistes ». Sur le même rythme, il a aussi donné du chœur contre « les élites » « qui ne prennent pas le métro ni ne vont dans les collèges de ZEP », ou encore « les militants du renoncement [qui] n’ont pas compris "nos ancêtres les Gaulois" ». Sortant les trémolos, il s’est proclamé « porte-parole » de « cette France de la vie réelle qui est regardée de haut, cette France majoritaire, qui se sent incomprise, qui se sent maltraitée, qui se sent bafouée, qui ne se sent plus représentée, qui n’est plus considérée. »

Répétant sa proposition, lancée vendredi soir, d’effectuer des référendums sur les fichés S et sur le regroupement familial en juin 2017, au second tour des législatives, il n’a pas oublié le leitmotiv à propos de son principal concurrent Alain Juppé (non nommé), présenté comme le candidat de la gauche. « Si on cherche à se faire élire avec les voix de la gauche, on trahit l’essence même de votre vote. Et la trahison pendant la campagne en augurera de plus grandes, quand il faudra en permanence donner des gages à la gauche. »

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Mais donner le tempo de la campagne pour l’investiture de la droite en 2017 n’est pas si facile pour l’ancien président. Un mois et demi après le lancement de sa candidature, Nicolas Sarkozy voit sa partition brouillée par les fausses notes engendrées par la diffusion sur France 2 d’un documentaire sur Bygmalion, la publication du brûlot de son ancien conseiller à l’Elysée Patrick Buisson, et de nouveaux éléments sur un supposé financement libyen de sa campagne à la présidentielle de 2012. Sans compter Alain Juppé, toujours chouchou des sondages des sympathisants à droite. Un rival que Nicolas Sarkozy voudrait surpasser allegro prestissimo avant les scrutins des 20 et 27 novembre.

L’entrée en scène de François Baroin, « premier ministrable »

François Baroin, pressenti pour être le Premier ministre de Nicolas Sarkozy en cas de victoire à l’Elysée en 2017, a fait ses débuts sur la scène. Relativement discret depuis l’officialisation de la campagne de Nicolas Sarkozy, l’ancien ministre a argumenté sur son ralliement à l’ancien Président. « J’ai été ton ministre, je ne m’en m’excuse pas, j’en suis fier ! ». Le chiraquien a aussi tapé sur les anciens ministres de gauche Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron, estimant: «Il y a, à gauche, un cynisme à visage souriant et un populisme au visage mondain». Pas un mot, évidement, sur le livre de Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, à qui l’ex-chef d’Etat aurait dit : « [François Baroin] je l’ai acheté à la baisse. Trop cher, je te le concède, pour un second rôle. »