Nicolas Sarkozy a une idée géniale: faire des référendums

PRIMAIRE A DROITE Mais pourquoi cette soudaine attirance pour un procédé qu'il n'a pas utilisé une seule fois en cinq années à la tête de la France?...

G. N. avec AFP

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«Des référendums, je vous en promets jusque là.»
«Des référendums, je vous en promets jusque là.» — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt? Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, a annoncé vendredi que s'il était réélu président, il organiserait deux référendums le jour du second tour des législatives, le 18 juin, sur les questions du regroupement familial et des fichés S «les plus dangereux». Mais pourquoi recourrir au référendum? «Compte tenu de la gravité de la situation, donner la parole au peuple, c'est faire le choix de la démocratie», a estimé celui qui n'en a pourtant pas organisé un seul en cinq ans de mandat présidentiel.

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Mais qu'importe, invité de France 2, l'ancien président a expliqué qu'il interrogerait les Français pour «suspendre le droit automatique» au regroupement familial, et pour que «le ministre de la Sécurité puisse décider de la mise en internement administratif des fichés S les plus dangereux».

L'explosion démographique en Afrique

«Est-ce qu'on continue avec le regroupement familial?», a interrogé Nicolas Sarkozy, y voyant «une question centrale». «L'explosion démographique que connaît l'Afrique, qui va doubler de population en 30 ans [...], fait que nous ne pourrons plus, de mon point de vue, accepter l'automaticité du regroupement familial pour les étrangers non communautaires», a-t-il argumenté.

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Evoquant «un débat sensible, fort, grave, important», il a interrogé: «Est-ce que le contexte démographique, migratoire a changé ? Ma conviction, c'est oui». Il a donc plaidé pour «aller vers une assimilation» car selon lui, «nous avons un problème gigantesque d'une intégration républicaine qui ne marche plus».

A propos de la lutte anti-terroriste, il a dit s'inscrire «en faux» face à l'affirmation quelques heures auparavant de François Hollande que l'arsenal pénal français était «complet» face au terrorisme. «Je poserai la question: "Etes vous d'accord pour que le ministre de la Sécurité puisse décider de la mise en internement administratif des fichés S les plus dangereux?"», a annoncé l'ancien chef de l'Etat. Or une telle mesure, étant inconstitutionelle et contraire aux traîtés internationaux, nécessiterait que ce référendum comporte une troisième question modifiant la consitution et même une quatrième revenant sur l'adhésion de la France à la Convention européenne des droits de l'homme. Ce n'est plus un référendum que nous promet Sarkozy, mais bien un QCM.

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