VIDEO. «L'Emission politique»: «Les Français m'ont pardonné»... On débriefe la prestation de Juppé

TELEVISION Le candidat à la primaire de la droite et du centre était l’invité de « L’Emission politique » de France 2, ce jeudi soir…

Anne-Laëtitia Béraud et T.L.G.

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Alain Juppé, sur le plateau de "L'Emission politique".
Alain Juppé, sur le plateau de "L'Emission politique". — France Télévisions

Troisième à passer sur le gril, après Nicolas Sarkozy et Arnaud Montebourg, Alain Juppé était l’invité de L’Emission politique ce jeudi soir sur France 2. 20 Minutes vous résume ce qu’il faut retenir du passage, parfois tendu, du candidat à la primaire de la droite et du centre…

>> A relire: Juppé ironise sur «la panique à bord» du camp Sarkozy... Revivez l'émission et sa désintox

Les piques contre Nicolas Sarkozy

Alain Juppé a multiplié les piques à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Il a estimé que les accusations de son adversaire sur le vote d’électeurs de gauche à la primaire étaient un « mauvais signe », y voyant « un peu de panique à bord » du camp Sarkozy. Avant de juger que « la seule chance de Nicolas Sarkozy de gagner, c’est de remporter les voix de l’extrême droite. »

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Les menaces ont été à peine voilées en fin d’émission, à propos de la bonne tenue de la primaire : « Je soutiendrais Sarkozy s’il est désigné candidat ? Oui, si les primaires sont honnêtes », estimant qu’il faut « toujours être vigilant » à propos du scrutin des 20 et 27 novembre. « Si quelqu’un veut saboter la primaire, il explosera en plein vol (…) Personne ne prendra le risque qu’elle échoue. » A bon entendeur.

Sur l’accueil des migrants, « l’erreur » de Merkel et la critique de Hollande

Interrogé sur les migrants, Alain Juppé a estimé qu’« une bonne politique des migrants repose sur deux pieds : l’accueil de ceux qui doivent être accueillis - c’est la tradition de la France, c’est la tradition de notre démocratie et notre engagement international - et puis le refus de ceux que nous ne pouvons pas accueillir parce que nous ne sommes pas en mesure de les traiter convenablement ».

Il a estimé que la chancelière allemande Angela Merkel avait fait « une erreur en donnant le sentiment qu’elle allait ouvrir tout grand les bras aux immigrants de la terre (un million accueilli en un an) ». « Qu’est-ce qu’a fait François Hollande » sur la question du contrôle des frontières extérieures ? « La France aurait eu un rôle à jouer en secouant le cocotier, en disant "ça ne peut pas continuer comme ça" », a-t-il ajouté.

Sa condamnation ? « Les Français m’ont pardonné »

Interrogé sur sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, l’ancien bras droit de Jacques Chirac a estimé que « (s) a probité personnelle n’a jamais été mise en cause ». Il a par ailleurs jugé : « Quand on voit que j’ai été réélu, j’estime que j’ai été relégitimé, et que les Français m’ont pardonné ».

Echange tendu avec Robert Ménard

Le débat s’est tendu lors du face-à-face avec Robert Ménard. Le maire de Béziers a interrogé Alain Juppé sur l’immigration. « Les gens qui sont là, on ne va pas les mettre dehors », commence l’élu proche du FN. La réponse ironique du maire de Bordeaux fuse, « j’aime vous l’entendre dire », et fait fulminer son adversaire. « Je vous fais ce genre de procès d’intention monsieur ? Je trouve que c’est insultant. Vous êtes sur ce point-là un brin odieux ».

En fin de débat, nouvelle passe d’armes. « Je crains qu’au bout de cinq ans de votre présidence il y ait deux millions d’immigrés en plus », lance Robert Ménard. Réponse de l’intéressé. « Je crains que si le parti qui vous a soutenu [le FN] arrive au pouvoir, la France soit dans une situation de guerre civile. Et c’est ce que je veux éviter. Moi je souhaite la paix civile ».

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La dégressivité des allocations-chômage

Le candidat à la primaire de droite a détaillé sa proposition sur la dégressivité des allocations chômage, en proposant un plancher de 870 euros et une dégressivité au bout d’un an. « Je propose de la faire jouer au bout d’un an et ensuite au bout de 18 mois, 25 % au bout d’un an et 25 % au bout de 18 mois ». Le maire de Bordeaux a toutefois conditionné cette proposition. « Je ne ferai cela que si le marché du travail redémarre »

Retour au plein-emploi

« Mon objectif, c’est le plein-emploi. Je ne peux accepter cette situation actuelle. C’est la faute des différents gouvernements qui se sont succédé », a estimé Alain Juppé. Pour répondre au chômage, le candidat veut « de déplacer l’âge de la retraite à 65 ans », augmenter le temps de travail à 39 heures, baisser les charges sociales et augmenter la TVA.