VIDEO. Primaire à droite: Les montagnes russes de Nicolas Sarkozy

POLITIQUE Le candidat à la primaire à droite Nicolas Sarkozy semble connaître une baisse de régime depuis quelques jours...

A.-L.B.

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L'ancien président Nicolas Sarkozy, le 6 octobre 2010 à Paris.
L'ancien président Nicolas Sarkozy, le 6 octobre 2010 à Paris. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Une campagne électorale ressemble souvent à des montagnes russes, avec ses hauts et ses bas. Pour le candidat Nicolas Sarkozy, un coup de chariot-tracteur ne serait pas de refus, car les éléments semblent se liguer contre l’ancien président, à six semaines du premier tour de la primaire à droite…

Le boulet Bygmalion. Depuis la diffusion sur France 2 d’une enquête sur l’affaire Bygmalion, le 29 septembre, Nicolas Sarkozy est sous le feu des accusations du responsable opérationnel de cette société, Franck Attal. Ce dernier le somme de répondre à propos du système de fausses factures établies par l’UMP pour masquer le dépassement des plafonds de sa campagne présidentielle 2012. Si Nicolas Sarkozy peut balayer l’affaire dans les médias, il sera fragilisé  s’il est renvoyé en correctionnelle pour le financement illégal de sa campagne. La justice doit se prononcer dans les prochains jours.

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La revanche de Patrick Buisson. L’ancienne « éminence grise » de Nicolas Sarkozy entre 2005 et 2014, banni par l’ancien président après le scandale des enregistrements effectués à son insu, a livré sa revanche le 29 septembre. Le livre La cause du Peuple (Perrin) de Patrick Buisson ne détruira peut-être pas Nicolas Sarkozy, comme le souhaiterait son auteur… mais il écorche, une nouvelle fois, la manière de gouverner de l’ancien chef d’Etat, en le décrivant comme un homme faible et cynique. Une communication dont se serait bien passé le candidat Sarkozy.

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Une campagne clivante. Le triptyque identité-laïcité-immigration de la campagne de Nicolas Sarkozy vise à rassembler les militants Les Républicains tentés par le vote Front national.  Migrants, fichés S, les Gaulois, le voile dans l’espace public, les polémiques ne manquent pas ces dernières semaines. Celles-ci font la publicité de la candidate frontiste Marine Le Pen, estiment  les cadres frontistes et les adversaires LR de Nicolas Sarkozy. Le juppéiste Dominique Bussereau explique ainsi dans une émission sur TV7 qui sera diffusée vendredi : « Je trouve que [le] langage [de Nicolas Sarkozy] peut donner envie à un certain nombre de Français de choisir l’original plutôt que la copie et donc de voter finalement Front national ». Un commentaire pas très éloigné de l’ancien chef du FN Jean-Marie Le Pen… qui confie mardi au Parisien que Nicolas Sarkozy se « jean-marise »…

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L’inversement de la courbe des sondages. On ne parle ici de la courbe du chômage, mais de la promesse d e Nicolas Sarkozy, au début de sa campagne, de créer un « blast » emportant tous ses rivaux. Sauf que les sondages se suivent et se ressemblent, avec Nicolas Sarkozy plus souvent deuxième que premier. Selon un sondage YouGov publié jeudi, Alain Juppé est en tête du classement des personnalités (31 %, +10 points), devant Nicolas Sarkozy à 18 % (-2 points). Dans une enquête Viavoice-Libération publiée lundi, 42 % des sympathisants de droite considèrent Alain Juppé comme « le meilleur candidat » de la droite pour 2017, contre 23 % pour Nicolas Sarkozy. Enfin, dans un sondage BVA réalisé vendredi, Nicolas Sarkozy perd 13 points d’intention de vote chez les sympathisants de son bord politique…

La communication des rivaux. Les candidats mèneraient-ils une campagne « tout sauf Sarko » ? Dans la foire à l’invective de cette campagne loin d’être fair-play, les piques se concentrent sur l’ancien chef d’Etat. Jean-François Copé a ainsi accusé dans Le Monde, le 29 septembre : «  Lui [Nicolas Sarkozy], il voudrait que vous l’élisiez pour ne pas aller au tribunal ». Quant à Alain Juppé, le chouchou des sondages semble enchaîner actuellement les boucles avec le sourire tout en narguant son rival. Dans un entretien à Paris Match publié jeudi, Alain Juppé revient sur la promesse de Nicolas Sarkozy d’écraser la concurrence. « Les sondages vont et viennent mais mon socle n’a pas bougé depuis deux ans », explique Alain Juppé à l’hebdo. « Le "blast" qui devait, prétendument, m’emporter n’a produit aucun effet ». La série de loopings, elle, continue.