Démocratie participative: «Julien Letailleur est fictif, mais il porte la voix de plein de personnes»

INTERVIEW «20 Minutes» a rencontré le créateur d'un homme politique «crowd-sourcé», Julien Letailleur, dont le programme est élaboré par les citoyens...

Propos recueillis par Laure Cometti

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La photo du profil Facebook de Julien Letailleur, un candidat politique
La photo du profil Facebook de Julien Letailleur, un candidat politique — Julien Letailleur

La défiance des jeunes générations envers le système politique actuel se traduit par un désir de démocratie plus participative, comme le révèle une enquête OpinionWay pour 20 Minutes auprès de la communauté #MoiJeune. Pour mieux comprendre à quoi pourrait ressembler le candidat idéal des jeunes, 20 Minutes a rencontré Antoine Brachet, créateur d’un candidat politique « crowd-sourcé ».

Comment est né Julien Letailleur ?

Julien Letailleur est d’abord un héros de roman. C’est un conseiller à l’Elysée qui s’interroge sur la démocratie. Il se dit qu’on a atteint les limites de la démocratie représentative et se demande si on ne pourrait pas aller vers une démocratie plus « liquide », où tout citoyen aurait accès en permanence aux leviers du pouvoir.

Pourquoi est-il sorti de son roman ?

Je me suis dit que Julien pouvait jouer un rôle concret dans la vie politique. Il est fictif, n’a pas d’ego, ne fera jamais passer son intérêt personnel devant l’intérêt collectif. Il peut être le porteur de nos voix. On l’a donc d’abord sorti du roman, en l’inscrivant sur les réseaux sociaux. On s’est rendu compte que beaucoup de gens avaient envie de lui parler.

Ce n’est donc pas tout à fait un candidat algorithmique ?

Surtout pas. Il est une mosaïque. Il est chacun d’entre nous, il est tous ceux qui participent au projet. C’est un projet humain, d’ailleurs on cherche vraiment à créer des ponts entre les réseaux sociaux et la vie, avec notre projet « Crieurs ». Julien est fictif, mais il porte la voix de plein de personnes, de tous ceux qui veulent participer au débat. Il va y avoir une plateforme, un site, des rendez-vous mensuels. L’objectif c’est de réussir à faire émerger 5 à 10 sujets importants qui changent la donne en France, sur l’éducation ou le travail, entre autres. Notre but, c’est que les candidats « réels » à la présidentielle ne puissent pas faire l’économie de se positionner sur ces sujets.

Comment est-ce que ces propositions citoyennes vont-elles émerger ?

La première étape, c’est d’utiliser les réseaux sociaux pour lancer des appels et sonder les internautes sur certains thèmes. Ensuite, il y a aura des rencontres mensuelles, d’abord à Paris le 18 octobre 2016 (date à confirmer par ici) puis idéalement dans toute la France. Enfin, nous sommes en contact avec l’éditeur d’une technologie qui a été utilisée avec succès à Taiwan, par Audrey Tang, et qui permet d’interroger les utilisateurs et de faire émerger les sujets qui font consensus et qui reçoivent le plus de votes positifs.

Julien pourra-t-il porter tout et n’importe quoi comme idée ?

Nous avons défini trois principes-clés, qui reposent sur trois paris : Celui de l’optimisme d’abord, c’est-à-dire croire que les choses peuvent changer. Nous parions aussi sur l’intelligence de tous. Tout le monde peut apporter une partie de la solution. Et enfin, sur la responsabilité de chacun. Julien est chacun d’entre nous. A chacun d’entre nous d’écrire la suite de Julien Letailleur.