Primaire de la droite: Juppé et «la peau de l'ours», Fillon et «Alain Bayrou»

POLITIQUE Les deux candidats s'attaquent par médias interposés...  

20 Minutes avec AFP

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Alain Juppé et François Fillon.
Alain Juppé et François Fillon. — WITT/SIPA

Ça s’anime chez les Républicains. Alain Juppé et François Fillon ont croisé le fer à distance, mercredi soir, tentant de se positionner au mieux pour la primaire de la fin novembre.

Alain Juppé, se félicite des ralliements engrangés ces derniers jours mais «ne vend pas la peau de l'ours», dans un entretien à l'hebdomadaire Paris Match à paraître jeudi. «Je ne vends pas la peau de l'ours. D'autant qu'il y en a plusieurs sur mon chemin et, lors de mon séjour au Canada, j'ai appris à me méfier d'eux», déclare l'ancien Premier ministre, qui avait quitté la France, après sa condamnation en 2004, pour aller vivre avec sa famille et enseigner au Québec (2005-2006).

«Rien n'est joué»

«Les sondages vont et viennent mais mon socle n'a pas bougé depuis deux ans. Le blast qui devait, prétendument, m'emporter n'a produit aucun effet», ironise-t-il dans une allusion aux propos de son rival Nicolas Sarkozy, qui lui avait prédit un «blast» dévastateur lors de son entrée en campagne.

Le maire LR de Bordeaux est donc «confiant» mais il «sait que rien n'est joué jusqu'au dernier jour».

M. Juppé a engrangé mercredi soir un soutien de poids et assez inattendu en la personne de l'ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, Hubert Falco, sénateur-maire de Toulon et président de la fédération LR du Var.

«Si je m'engage aujourd'hui aux côtés d'Alain Juppé, c'est parce qu'il me semble le plus apte à gagner la présidentielle. Il a l'autorité, la sagesse, l'expérience et la fermeté nécessaires», déclare Falco dans un entretien au Figaro daté de jeudi.

Le lapsus de Fillon

François Fillon, lui, a participé à Questions d'info LCP-France Info-Le Monde-AFP. Il a commis un lapsus quand il a demandé à son rival de dire «quelle place» il accorderait, s'il était élu président, à «Alain Bayrou».

«Ca ne me choque pas» que le président du MoDem soutienne le maire LR de Bordeaux, a déclaré l'ancien Premier ministre lors de l'émission Mais «ce qui serait intéressant, c'est de savoir si François Bayrou sera le futur Premier ministre d'Alain Juppé. C'est une question qu'il faudrait lui poser (...) Il faut que les gens sachent», a-t-il ajouté. Attend-il une clarification de M. Juppé là-dessus ? «Ce serait intéressant qu'on sache quelle est la place que pourrait avoir Alain Bayrou, pardon François Bayrou...», a-t-il répondu, le sourire aux lèvres quand il s'est rendu compte de son lapsus.

Pourrait-il lui-même choisir M. Bayrou comme Premier ministre ? «Ah non», a-t-il lâché. «J'ai du respect pour François Bayrou, même si j'ai été évidemment hostile aux décisions qu'il a prises et qui ont contribué à la défaite de 2012» en appelant à voter pour François Hollande face à Nicolas Sarkozy.