Primaire de la droite : Le clan Hollande ne veut pas y voir d’électeurs de gauche

ELECTION Le possible vote des électeurs de gauche à la primaire de la droite n’inquiète pas seulement l’ex-chef de l’Etat Nicolas Sarkozy…

C.B.

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Le Premier ministre Manuel Valls, le président François Hollande et la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem.
Le Premier ministre Manuel Valls, le président François Hollande et la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. — Christian Liewig-Pool/SIPA

Et si les sympathisants de gauche allaient voter à la primaire de la droite pour faire gagner Alain Juppé ? La question taraude Nicolas Sarkozy. Mais pas seulement : elle tourmente aussi l’actuel chef de l’Etat français et ses plus proches soutiens.

Car ces derniers le savent bien : ils ont davantage de chance de voir le président réélu si celui-ci affronte in fine Nicolas Sarkozy. Dès lors, comment empêcher les électeurs de gauche de participer à la primaire de la droite, qui se tient les 20 et 27 novembre ?

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Pour ne pas braquer les sympathisants socialistes, le Premier ministre Manuel Valls tente de la jouer avec douceur. Interrogé lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro sur le fait de savoir si, selon lui, les électeurs de gauche devaient voter à la primaire de la droite, le Premier ministre Valls a lâché : « Non ». Avant de se reprendre : « Pardon, ils sont libres, ils font ce qu’ils veulent ».

Il s’est toutefois empressé d’ajouter que pour participer à ce scrutin, « il faut non seulement adhérer aux valeurs de la droite et du centre, et quand j’entends Nicolas Sarkozy, j’ai parfois un problème avec ce qu’il défend comme valeurs… Il faut être pour l’alternance et (…) sur le plan économique et social, c’est brutal avec, ce qui m’inquiète, une remise en cause de tous les corps intermédiaires, des partenaires sociaux au monde associatif », a-t-il détaillé.

« Ne surtout pas y aller »

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le parlement, s’est monté plus offensif sur iTélé en déclarant que la participation d’électeurs de gauche à la primaire de la droite serait « une vision dévoyée de la démocratie ».

Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education nationale, est sur la même ligne : « En démocratie, il y a des règles », a-t-elle dit sur France 2, « il faut laisser les primaires de chaque formation politique se tenir sans s’immiscer dedans ».

« A un électeur de gauche qui s’interrogerait, je lui répondrais de ne surtout pas y aller, ce serait totalement malsain que de s’occuper d’une primaire Les Républicains basée sur les valeurs de la droite », a-t-elle ajouté. « Occupons-nous plutôt de notre primaire à nous ! »

« Un problème de loyauté »

C’est également ce que pense Nicolas Sarkozy, qui met en avant « un problème de loyauté » : « Pour voter à la primaire, il faudra signer une charte dans laquelle on s’engage à partager les valeurs de la droite et du centre. Si on est de gauche, c’est qu’on ne partage pas les valeurs de la droite et du centre ».

Mais plutôt que de pointer du doigt les électeurs de gauche, il préfère accuser son rival Alain Juppé, qui « appelle des gens à venir pour signer une charte dont ils ne croient pas un mot. Ça s’appelle quoi ? Du mensonge et de la déloyauté ».