Primaire de la gauche: Les modalités du scrutin au menu de la réunion du conseil national du PS

PRÉSIDENTIELLE 2017 Les modalités de la primaire de la gauche sont à l'ordre du jour d'une réunion très attendue du conseil national du Parti socialiste ce dimanche...

L.C.

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Un bureau de vote lors du second tour de la primaire socialiste, le 16 octobre 2011 à Nice.
Un bureau de vote lors du second tour de la primaire socialiste, le 16 octobre 2011 à Nice. — BEBERT BRUNO/SIPA

A quoi ressemblera la primaire de la gauche ? La réponse devrait se préciser ce dimanche, lors de la réunion du conseil national du Parti socialiste. Au menu, les règles concernant les parrainages, le nombre de bureaux de vote et la subvention accordée par le PS aux candidats. Des décisions qui pourraient clarifier l’organisation du scrutin prévu les 22 et 29 janvier prochains.

Les points qui font consensus. Le système de parrainage sera le même qu’en 2011, a confirmé le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis dans le JDD. Chaque candidat devra donc obtenir le soutien de 5 % des parlementaires PS, ou 5 % des membres titulaires du Conseil national, ou 5 % des maires des villes de plus de 10.000 habitants répartis dans dix départements et quatre régions, ou 5 % des conseillers régionaux et départementaux de dix départements et quatre régions. Cette règle fait consensus parmi les candidats. « Ce n’est pas un souci, d’ailleurs j’ai mes parrainages », affirme auprès de 20 Minutes Marie-Noëlle Lienemann, candidate déclarée, comme Benoît Hamon (PS), Gérard Filoche (PS), François de Rugy (Ecologistes !) et Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate).

La question du nombre de bureaux de vote n’est pas tout à fait tranchée. Les candidats réclament un socle de 8.500 bureaux, objectif qui semble atteignable étant donné que 8.000 bureaux de vote ont déjà été identifiés grâce aux fédérations PS. En 2011, 9.400 bureaux avaient été ouverts. Jean-Christophe Cambadélis en voudrait « plus », tout comme certains candidats. « Idéalement, 10.000 », avance François Kalfon, directeur de campagne d’ Arnaud Montebourg. L’ancien ministre du redressement productif, candidat à la présidentielle de 2017, a fait savoir qu’il participerait à la primaire si elle est « loyale ». Mais il y a également des questions de gros sous.

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Les sujets de discorde. L’enveloppe financière accordée par le PS aux candidats est sujette à débat. François Kalfon souhaite que le parti débloque une subvention de 100.000 euros par candidat. Or Solférino propose 50.000 euros, avec la possibilité de rembourser a posteriori sur factures au-delà de ce seuil. « Ça va être très juste », souffle François Kalfon, qui siège au Comité national d’organisation de la primaire (CNOP). Selon Le Parisien, la campagne d’Arnaud Montebourg peinerait à lever des fonds.

Le directeur de campagne de Benoît Hamon, Mathieu Hanotin voudrait quant à lui que soit fixé un « plafond de dépense » de 300.000 euros, selon lui « ce qui a été dépensé par les gros candidats en 2011 ».

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Autre sujet de crispation pour le camp Montebourg, « la neutralité de la direction du parti », souligne François Kalfon, qui accuse les cadres de « partialité ». Les élections législatives sont également à l’ordre du jour de la réunion de ce dimanche, alors que des frondeurs dénoncent le « parachutage » de certains fidèles du gouvernement dans certaines circonscriptions.

Les inconnues. « Le plus important c’est de savoir si le PS va porter le message fort que cette primaire est ouverte à l’ensemble des citoyens de gauche », balaie Marie-Noëlle Lienemann, qui déplore que « certains, autour du président, sont tentés de restreindre cette primaire à la gauche socialiste et pro gouvernement ». De fait, cette primaire de la gauche se fera sans Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Artaud (Lutte ouvrière) ou Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste). Le Parti radical de gauche (PRG) devrait annoncer en décembre s’il participe à cette primaire. C’est à la même période que François Hollande devrait lui aussi se décider, même si pour les proches du chef de l’Etat, sa candidature ne fait (presque) aucun doute. Quant à Arnaud Montebourg, il pourrait peut-être clarifier sa position lors du journal télévisé de TF1 ce dimanche soir auquel il est invité.

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