Manuel Valls en a «assez de cette gauche honteuse d'assumer les responsabilités»

PARTI SOCIALISTE Le Premier ministre a également exclu une taxation des plus hauts salaires et promis de sauver le site d'Alstom à Belfort...

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls
Manuel Valls — GUILLAUME SOUVANT / AFP

Un Premier ministre offensif ce dimanche, qui a passé en détail les tensions au sein de sa famille politique comme les dossiers politiques au cours d’un entretien au Grand jury RTL/LCI/Le Figaro. La gauche « peut gagner la présidentielle si elle défend son bilan », a estimé  Manuel Valls, jugeant que « ça suffit d’être déprimé, ça suffit d’être honteux ».

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Sur le bilan du quinquennat Hollande

« J’en ai assez de cette gauche honteuse d’assumer les responsabilités (…) Ca suffit d’être déprimé, d’être honteux, gouverner la France, c’est une énorme fierté », a déclaré le chef du gouvernement, invité du Grand jury RTL/LCI/Le Figaro où, dès le départ, il a dit être « venu pour casser la baraque ». Une expression déjà utilisée, à droite, par François Fillon en vue de la primaire pour 2017.

« Je ne mise pas sur l’empêchement du président de la République ni sur la défaite de la gauche. La politique c’est une affaire de convictions, pas de sondages. J’en ai assez qu’on choisisse à la place des Français. L’élection présidentielle, elle est en avril et en mai », a-t-il ajouté.

« Si j’étais à la place du président, je dirais la chose suivante : je suis fier comme président d’avoir sauvé le Mali, d’avoir permis à la Grèce de rester dans la zone euro, de ce peuple français qui a manifesté sa résistance et sa résilience (…) après tous les attentats, je suis fier d’avoir engagé la France dans la voie de la compétitivité, nous avons retrouvé, notamment dans le secteur industriel, un coût du travail équivalent, voire meilleur que celui de l’Allemagne », a-t-il énuméré dans une anaphore.

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Sur la primaire de la gauche

Dans la campagne qui se profile, le chef du gouvernement, qui se voit en « premier de cordée », « sonne la mobilisation » et veut « réveiller la gauche ». Défendant avec force sa « loyauté » envers François Hollande, « une valeur essentielle », le Premier ministre a mis en garde sur la multiplicité des candidatures lors de la primaire du PS en janvier. « On ne s’improvise pas candidat à la présidentielle, on ne prépare pas le prochain congrès du PS, on n’est pas en train d’anticiper la défaite à la présidentielle pour préparer la suite », a-t-il lancé à l’égard d’Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. « Chacun doit s’interroger sur la gravité du moment : puis-je gagner la présidentielle, ma candidature ne va-t-elle pas diviser davantage ? », a-t-il ajouté.

Sur les électeurs de gauche qui veulent voter à la primaire de la droite

Interrogé sur le fait de savoir si, selon lui, les électeurs de gauche devaient voter à la primaire de la droite, Manuel Valls a répondu: «Non. Pardon, ils sont libres, ils font ce qu'ils veulent». Mais pour participer à ce scrutin, «il faut non seulement adhérer aux valeurs de la droite et du centre, et quand j'entends Nicolas Sarkozy, j'ai parfois un problème avec ce qu'il défend comme valeurs... Il faut être pour l'alternance et (...) sur le plan économique et social, c'est brutal avec, ce qui m'inquiète, une remise en cause de tous les corps intermédiaires, des partenaires sociaux au monde associatif», a-t-il détaillé. «Mobilisez-vous, votez à la présidentielle pour la gauche de gouvernement qui incarne la République ferme et bienveillante», a-t-il plaidé.

Sur Emmanuel Macron, «bon ministre» guère «loyal»

Le chef du gouvernement a accusé son ancien ministre de l'Economie d'incarner «une forme de populisme light». «Ça a été un bon ministre», estime-t-il, mais, car il y a un gros «mais», Emmanuel Macron a un défaut, son manque de loyauté : «Vous vous rendez compte le spectacle que l'on donne quand pour des raisons personnelles [...] on quitte l'action gouvernementale pour préparer une autre action, interroge le Premier ministre. Ça n'est pas possible.»

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Sur l’assurance chômage

Manuel Valls a « exclu », dans le cadre de la lutte contre les déficits du régime d’assurance chômage, de déplafonner les cotisations chômage des hauts salaires. « Il y a des pistes que j’exclus, comme la taxation des plus hauts salaires. Je l’exclus devant vous. Il y a des pistes sur lesquelles il faut travailler car, à partir d’un bon diagnostic comme le recours excessif aux contrats très courts dans notre pays, il ne faut pas trouver de mauvaises réponses cependant qui dévaloriseraient le travail. Nous examinons toutes les hypothèses, nous en écartons clairement une », a-t-il déclaré.

Sur l'usine Alstom de Belfort

«Mardi, nous sauverons le site d'Alstom à Belfort», a assuré le Premier ministre, promettant «un certain nombre de pistes concrètes» pour maintenir l'activité ferroviaire du site et «surtout, d'engager l'avenir de cette grande entreprise dans la durée».

Manuel Valls n'a pas détaillé ces solutions mais a évoqué «le rôle de la commande publique», les investissements d'Alstom, les projets du TGV du futur, et du «bus du futur». Le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, doit participer mardi à une réunion de travail à Belfort aux côtés du patron d'Alstom Henri Poupart-Lafarge, des élus locaux et des syndicats.