Présidentielle 2017: Dans «Marianne», Emmanuel Macron fustige la «laïcité revancharde»

ELECTIONS Dans un débat avec le journaliste Jean-François Kahn organisé par « Marianne », Emmanuel Macron se positionne sur le sujet de la laïcité…

V.R.B. avec AFP

— 

L'ancien ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, à Besançon, le 27 septembre 2016.
L'ancien ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, à Besançon, le 27 septembre 2016. — AFP

Emmanuel Macron sort une nouvelle fois de sa réserve. Dans un entretien-débat à l’hebdomadaire Marianne paru ce samedi, l’ancien ministre de l’Economie fustige les tenants d’une « laïcité revancharde » qui veulent, selon lui, en faire « une arme contre un monothéisme », en l’occurrence « la religion musulmane ».

« Au titre d’une laïcité revancharde, on en vient à sortir des citoyens des lieux de la République et à les confiner à l’écart, sans enrayer la montée du fondamentalisme, ni conforter la laïcité », affirme-t-il. Emmanuel Macron dénonce ainsi ceux, comme Jean-Pierre Chevènement, qui « demandent à des citoyens d’être discrets ». « Demanderait-on à des catholiques d’être modérés ? Non ! », insiste-t-il.

>> A lire aussi : Emmanuel Macron assure qu'il n'est pas candidat «aujourd'hui» pour 2017

« Qu’ils respectent les règles »

Alors que le fondateur de Marianne, Jean-François Kahn, lui fait remarquer que les musulmans qui « n’acceptent pas » que la loi républicaine passe avant la loi de Dieu « sont des extrémistes », Emmanuel Macron s’inscrit en faux. « Non, je ne suis pas d’accord. Dans le champ public, je ne leur demande qu’une seule chose : qu’ils respectent absolument les règles », lance-t-il.

« Je ne demande pas aux gens d’être modérés, ce n’est pas mon affaire », ajoute l’ancien patron de Bercy. « Dans sa conscience profonde, je pense qu’un catholique pratiquant peut considérer que les lois de la religion dépassent les lois de la République », déclare-t-il encore.

Mardi, à 19 heures, Emmanuel Macron s’adressera à la « France qui subit » lors de sa première conférence-meeting à Strasbourg. L’ex-ministre y présentera son « diagnostic » de l'état de la France. Tout un programme.