Bygmalion: Copé accuse Sarkozy d'être candidat pour échapper à la justice

ACCUSATION « Il voudrait que vous l’élisiez pour ne pas aller au tribunal ! », assure Copé...

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Sarkozy en meeting à Franconville, le lundi 19 septembre.
Nicolas Sarkozy en meeting à Franconville, le lundi 19 septembre. — Martin BUREAU / AFP

Jean-François Copé accuse. Selon le candidat LR à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy, mis en cause dans plusieurs affaires dont Bygmalion, d’être candidat pour échapper à la justice, affirme-t-il dans Le Monde daté de vendredi.

« J’ai compris qu’il y avait un alignement d’intérêts entre des écuries différentes. J’apparaissais pour chacun d’eux comme le coupable idéal, l’alibi parfait », déplore le député-maire de Meaux, cité dans un long article que lui consacre le quotidien.

« Il voudrait que vous l’élisiez pour ne pas aller au tribunal ! »

Nombre de candidats à la primaire, accusés de l’avoir poussé hors de la présidence de l’UMP en 2014, en prennent pour leur grade, comme Nathalie Kosciusko-Morizet - « elle a besoin d’exorciser sa défaite à Paris »-, Alain Juppé - « il prend deux fois la parole pour que je quitte mes fonctions, il ne voit pas que si je pars, c’est Sarkozy qui arrive ».

Le député de Seine-et-Marne affirme avoir dévoilé ce qu’il savait sur cette affaire à Nicolas Sarkozy en mai 2014, quelques jours après que le responsable opérationnel de Bygmalion, Franck Attal, lui eut révélé la fraude : « J’explique ce que je sais et, et là j’ai un mur de silence. J’ai compris rétrospectivement pourquoi », a-t-il déclaré.

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Copé accuse par ailleurs Sarkozy de vouloir échapper à la justice en se présentant à l’élection présidentielle. « Sa mise en examen n’est pas que technique, elle porte sur une vingtaine de millions d’euros, qui en réalité sont un détournement ! C’est une fuite éperdue en avant. […] Il voudrait que vous l’élisiez pour ne pas aller au tribunal ! », a-t-il assuré au quotidien.

François Fillon également visé

Nicolas Sarkozy a lui assuré à propos de l’affaire Bygmalion, et à plusieurs reprises, qu'« aucune polémique, aucune manœuvre, aucune manipulation aussi honteuse soit-elle, ne [le] détournera d’un centimètre de [sa] volonté absolue de construire » l’alternance en 2017.

L’ex-président est visé dans l’affaire Bygmalion par des réquisitions de renvoi en correctionnelle pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

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L’attaque la plus virulente est cependant réservée à l’ancien Premier ministre, François Fillon : « Fillon passe après, (lors du bureau politique) la main sur le cœur : "Mon éthique, mon sens de la responsabilité, tu dois partir…" Dix jours après, il va bouffer avec [Jean-Pierre] Jouyet pour "finir" Sarkozy. Assez bête pour penser que Jouyet a la moindre prise sur le parquet. Il est d’une naïveté invraisemblable ! », assène Jean-François Copé.

Il fait écho à une publication du Monde fin 2014, selon laquelle Fillon, son adversaire pour la présidence de l’UMP en 2012, aurait demandé au secrétaire général de la présidence que l’Élysée influe sur la justice contre Nicolas Sarkozy pour empêcher son retour en politique.

Les déclarations de Jean-François Copé interviennent alors qu’une interview clé de Franck Attal sur l’affaireBygmalion, réalisée par le magazine Envoyé Spécial de France 2, doit être diffusée jeudi soir.