Primaire à droite: Jean-François Copé laboure le terrain de la «déradicalisation»

POLITIQUE Le candidat à la primaire à droite Jean-François Copé a effectué une visite à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) sur le thème de la lutte contre la radicalisation…

Anne-Laëtitia Béraud

— 

Jean-François Copé, député-maire de Meaux, candidat à la primaire à droite, le 28 septembre 2016 à Saint-Denis.
Jean-François Copé, député-maire de Meaux, candidat à la primaire à droite, le 28 septembre 2016 à Saint-Denis. — A.-L.Béraud/20 Minutes

Jean-François Copé veut incarner dans la primaire à droite le candidat de la sécurité et de la lutte contre la radicalisation. L’ancien président de l’UMP porte donc la voix de « la droite décomplexée », un courant « pas extrémiste » qui souhaite « réarmer la France au plan économique, sécuritaire et moral ». Pour cela, direction Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ce mercredi, « cette ville qui symbolise la solidité de nos racines avec la basilique et la vulnérabilité de notre République avec la montée du communautarisme islamiste ».

La visite commence par la basilique Saint-Denis, la nécropole des rois de France. « Car à Meaux, ville dont je suis le maire, quand on fait une enquête d’opinion, le lieu auquel les gens sont le plus attachés, quelle que soit leur confession, c’est la cathédrale », souligne-t-il. Puis direction les locaux de l’association de réinsertion ARSEJ, dirigée par Djamel Guessoum, qui repère grâce à ses bénévoles des jeunes en voie de la radicalisation.

« La France doit faire un virage sécuritaire »

Le candidat n’y vient pas parler de la royauté française, mais de la sécurité et de la lutte contre la radicalisation des jeunes. « Élu président, je ferai de la lutte contre toutes les formes de radicalisation une priorité absolue », lance le candidat devant les membres de l’association, avant de vanter sa proposition de légiférer par ordonnance (qui court-circuite le Parlement) s’il est élu à l’Elysée. Son credo : « La France doit faire un virage sécuritaire. Il faut de la sécurité à tous les étages pour que les gens se réapprivoisent, estime Jean-François Copé, car on ne peut pas se donner la main si l’on a peur. »

Chantre autoproclamé de la parole vraie face au « politiquement correct », Jean-François Copé veut être une voix qui porte. Et revient volontiers surl’histoire des pains aux chocolats, anecdote qui avait déclenché une polémique en octobre 2012. « Quel crime j’avais commis ! Copé est un islamophobe ! », se moque-t-il de ses détracteurs « de gauche comme de droite ». « Je n’ai aucun regret d’avoir alors été hypercritiqué », estime-t-il, car si « les choses ne sont pas dites », « c’est parce qu’ils ont la trouille ».

« Il a mangé son pain noir »

Et qu’importe si sa voix est aujourd’hui inaudible auprès des électeurs à la primaire, avec3 % de popularité dans cette course vers la présidentielle : « Je n’ai jamais eu de bons sondages dans ma vie ! » Selon l’ancien président de l’UMP touché par la déflagration Bygmalion, « les choses sérieuses vont commencer en octobre, avec les débats où l’on verra l’authenticité des candidats. »

Les débats télévisés programmés en octobre entre les candidatsà cette primaire reviendront peut-être sur Patrick Buisson, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, qui publie jeudi un brûlot contre l’ancien chef d’Etat. Cet ouvrage signe en tout cas, pour Jean-François Copé, « le dernier épisode en date de la décomposition d’un quinquennat [de Nicolas Sarkozy] qui était pourtant porteur d’une grande espérance, celle d’une rupture, et qui n’a pas malheureusement eu lieu. Moi je veux porter ce flambeau de la rupture. » Un clin d’œil peu amène envers Nicolas Sarkozy, autre grand chantre de la sécurité dans cette campagne, et qui fait la course en tête avec Alain Juppé. Selon son équipe, Jean-François Copé en a sous la semelle pour 2017 et même au-delà : « Il a mangé son pain noir avec Bygmalion. Et si on n’y croit pas un minimum à la victoire, on ne se lève pas du lit le matin. »