Emploi et logement... Quel est le bilan de François Hollande sur la jeunesse?

POLITIQUE Les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012, avait promis le candidat Hollande. « 20 Minutes » fait le point sur leurs deux préoccupations majeures de la jeunesse…

T.L.G.

— 

Le président de la République François Hollande avec des étudiants de Thiais sur le plateau de l'émission «Le Supplement» sur Canal+, le 19 avril 2015.
Le président de la République François Hollande avec des étudiants de Thiais sur le plateau de l'émission «Le Supplement» sur Canal+, le 19 avril 2015. — WITT/SIPA

C’était l’un des moments forts du discours du Bourget. En janvier 2012, le candidat Hollande lançait à la tribune : « Si je reçois le mandat du pays d’être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif […] Est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse ! »

Cinq ans plus tard, la promesse est-elle tenue ? « Oui, en 2017, nous les jeunes, vivrons mieux qu’en 2012 », répondent les 200 jeunes du collectif « Notre idée de la France », lancé mardi, qui souhaite une nouvelle candidature du chef de l’Etat pour 2017. La question, plutôt floue, est difficile à cerner. A l’occasion du déplacement de François Hollande à l’université Pierre et Marie Curie pour la rentrée universitaire jeudi, 20 Minutes s’intéresse aux deux préoccupations majeures des jeunes, l’accès à l’emploi et au logement.

Emploi

C’est le chiffre noir du bilan. Au deuxième trimestre 2016, le taux de chômage est de 23.7 % pour les 15-24 ans selon l’Insee. C’est plus que les autres tranches d’âges et surtout plus que les 22.4 % du quatrième trimestre 2011. Dorine Parravano, 21 ans, porte-parole du collectif « Notre idée de la France », reconnaît les difficultés mais loue les dispositifs mis en place. « L’aide à la recherche du premier emploi ( Arpe) pour les anciens boursiers, mais aussi la garantie jeunes

Patrick, de « Génération Précaire », est plus critique. « Le chômage des jeunes n’est toujours pas réglé et les contrats précaires se multiplient. Bien sûr les aides pour les plus en difficulté sont une bonne chose. Mais il n’y a pas de réforme structurelle, et on utilise toujours la même méthode, celle des contrats aidés, qui durent 1 à 3 ans. Cette flexibilisation du marché du travail fragilise les jeunes et repousse toujours plus l’accès au CDI. »

Un point positif : L' encadrement des stages de plus de 2 mois (hausse de la rémunération, tickets restaurants, remboursement des frais de transport…) a été une bonne chose, reconnaît Patrick. « On a enfin réussi à obtenir une loi qui réponde à nos exigences depuis des années, et met fin aux stages abusifs en donnant des droits aux stagiaires. »

Accès au logement

« Le gouvernement a permis de redonner à des jeunes l’accès au logement grâce notamment à l’encadrement des loyers dans les grandes villes, et la Clé (caution locative étudiante) qui permet aux étudiants sans garants de trouver plus facilement un logement », avance Dorine Parravano. Par ailleurs, 300.000 jeunes de moins de 30 ans pourront bénéficier en octobre de Visale, une caution locative pour prévenir contre les risques d’impayés.

« Des choses ont été faites mais ce n’est pas assez face à l’urgence de la situation », répond Marthe Corpet, vice-présidente de l’Unef. « Nous demandons une généralisation de l’encadrement des loyers, qui ne concerne que peu de communes. A Paris, cet encadrement n’est d’ailleurs pas toujours respecté pour les petites surfaces. Une fois encore, les étudiants payent le prix fort. » Le syndicat étudiant rappelle que le logement représente en moyenne 55 % du budget des étudiants. Ainsi, la moitié des jeunes est obligée de cumuler job et études et 12 % sont contraints de recourir à un prêt bancaire pour financer leur année. « Le salariat est subi par les étudiants et reste la première cause d’échec à l’université », rappelle-t-elle.