Patrick Buisson a des «méthodes empruntées à la Stasi», fustige François Baroin

REACTIONS Wauquiez, Jacob, Larcher, Hortefeux ont répondu l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy après l’annonce de la sortie de son livre…

C. A. avec AFP

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Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy
Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy — MIGUEL MEDINA / AFP

Le livre de Patrick Buisson, dans lequel il raconte certaines confidences que lui aurait faites l’ancien président Nicolas Sarkozy, n’est pas encore sorti qu’il fait déjà grand bruit.

La cause du peuple qui sort ce jeudi 29 septembre, en pleine bataille de la primaire de la droite pour 2017, a fait pleuvoir sur l’ancien conseiller du président une pluie de critiques.

« Un point de non-retour a été franchi »

Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains et soutien de Nicolas Sarkozy, a jugé qu’un « point de non-retour » avait été franchi par Patrick Buisson avec la publication d’un livre dans lequel « la haine l’a emporté sur la vérité ».

Invité de RMC et BFMTV, Wauquiez a vu mercredi dans ce livre « un règlement de comptes qui n’a pas d’intérêt » de la part de « quelqu’un qui était dans les équipes de 2007 et qui a trahi la confiance de Nicolas Sarkozy ».

« Un point de non-retour a été franchi » avec ce livre dans lequel « la haine l’a emporté sur la vérité », a ajouté ce soutien de Sarkozy pour la primaire.

Des « méthodes empruntées à la Stasi »

« Ça fait plus de deux ans que je n’ai pas vu M. Buisson », a précisé Wauquiez, autrefois conseillé par cet ancien directeur de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute. Malgré « de profondes différences », « j’avais du respect pour la mécanique intellectuelle du personnage », « c’est quelqu’un qui oblige à penser différemment », a-t-il dit.

De son côté, François Baroin, que Sarkozy a pressenti pour Matignon en 2017, a balayé sur RTL « ce personnage, ses méthodes empruntées à la Stasi » et « ses convictions issues de Maurras ».

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« M. Buisson a disparu, ses idées funestes, je l’espère, aussi et comme je l’ai toujours combattu je ne m’en occuperai pas et je m’en moque complètement ». « Qu’est-ce que ça a d’embarrassant ? On s’en moque », a assuré le sénateur de l’Aube.

Dérapage

Christian Jacob, chef de file des députés LR, a estimé mercredi dans l’émission « Questions d’info » LCP/Le Monde/AFP/France Info que « ce qui vient du caniveau à vocation à finir dans une bouche d’égout ».

« Vous savez, ce genre d’écrit a existé avec tous les présidents (…) Sans doute qu’il n’avait pas la colonne vertébrale, une capacité à encaisser ce niveau de responsabilité », a jouté Jacob, président du comité de soutien de l’ancien chef de l’Etat.

Sur le rôle précis qu’occupait Buisson lors du quinquennat de Sarkozy, Jacob a vivement rejeté le qualificatif de « gourou », estimant qu’après avoir été un des conseillers du chef de l’Etat, « il a (vait) totalement dérapé ».

« Je n’ai aucune espèce d’affection et de relation avec ce monsieur Buisson et je n’ai pas lu une ligne de ce qu’il a écrit », a-t-il assuré.

Des « affirmations invérifiables », assène Hortefeux

« Ce fut un mauvais conseiller, et déloyal », a pour sa part commenté sur iTELE Gérard Larcher, président (LR) du Sénat et soutien de François Fillon.

Brice Hortefeux, ancien ministre proche de Nicolas Sarkozy, a dénoncé mardi soir « l’inanité » des « affirmations invérifiables » de l’ancien conseiller du chef de l’État Patrick Buisson dans son livre La cause du peuple (Ed. Perrin).

« C’est un grand classique le livre du conseiller qui ne l’est plus, qui affirme, assène des critiques avec autant d’affirmations invérifiables », a soutenu l’eurodéputé Les Républicains dans L’Épreuve de vérité (Public Sénat - Radio Classique - AFP - Les Échos).