François Hollande reconnaît la responsabilité de la France dans l'abandon des Harkis

ALGERIE François Hollande est attendu dimanche dans la cour de l'Hôtel national des Invalides où il prononcera une allocution dans le cadre de la journée nationale d'hommage aux Harkis...

D.B. avec AFP

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François Hollande lors de l'hommage aux Harkis le 25/09/16.
François Hollande lors de l'hommage aux Harkis le 25/09/16. — Ian Langsdon/AP/SIPA

Un discours très attendu. François Hollande a prononcé une allocution dans le cadre de la journée nationale d'hommage aux Harkis, ce dimanche, dans la cour de l'Hôtel national des Invalides. Il a reconnu «la responsabilité des gouvernements français dans l'abandon des harkis».

«Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France», a déclaré le chef de l'Etat, applaudi par les représentants des harkis présents dans l'assistance. Il a ainsi honoré une promesse faite en avril 2012 durant la campagne présidentielle.

Instituée par le décret du 31 mars 2003, cette journée donne lieu chaque année, à Paris, à une cérémonie officielle dans la cour d'honneur des Invalides.Outre François Hollande, l'ancien président Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, présidente du FN, et Jean-François Copé, candidat à la primaire de la droite, assistent à cet hommage.

L'occasion de faire le bilan du plan Harki

Selon le secrétariat d'Etat aux Anciens combattants et à la Mémoire, cette journée sera l'occasion de présenter le bilan de la 2e année du «Plan Harki», le plan d'action en faveur des anciens membres des forces supplétives et de leurs proches présenté le 25 septembre 2014.

Après les accords d'Evian le 18 mars 1962, 55.000 à 75.000 harkis, ont, selon les historiens, été abandonnés en Algérie et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. Quelque 60.000 ont été admis en France. Avec leurs descendants, leur communauté est estimée à 500.000 personnes.

Dans un discours prononcé le 5 avril 2012, François Hollande, alors candidat à l'élection présidentielle, s'était engagé à reconnaître la responsabilité de la France «dans l'abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil des familles transférées dans des camps en France».

Un thème abordé par plusieurs candidats à la présidentielle

La situation des Harkis a été abordée par plusieurs candidats à la présidentielle. Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur Twitter.

De son côté, Bruno Le Maire a publié une tribune publiée dans le Huffington Post ce dimanche dans laquelle il dénonce «l'abandon indigne» des harkis par la République et appelde l'Etat à «assumer sa responsabilité», notamment en matière d'indemnisation.