Présidentielle 2017: La proposition du FN sur les parrainages? Un «bobard» selon Mélenchon

PRESIDENTIELLE L'intéressé parle de « bobard »…

M.C. avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon à Reims, le 9 septembre 2016.
Jean-Luc Mélenchon à Reims, le 9 septembre 2016. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Le Front national s’affiche en grand seigneur à quelques mois de la présidentielle.  Louis Aliot et Florian Philippot, vice-présidents du parti, n’ont pas exclu dimanche que des élus du parti accordent des parrainages à Jean-Luc Mélenchon « s’il en a besoin » pour se présenter en 2017.

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Interrogé sur France Culture sur ce point, Louis Aliot a affirmé : « Oui, sans problème. Si nous avons nous-mêmes assez de signatures, nous parrainerons Jean-Luc Mélenchon s’il en a besoin ». « Bien sûr, a répondu de son côté Florian Philippot à l’Agence France Presse. Tout candidat représentatif, et Jean-Luc Mélenchon l’est, comme Nicolas Dupont-Aignan, ou d’autres, doit pouvoir être candidat. Sinon, nous ne sommes plus vraiment en démocratie ».

« Bobard »

L’interessé a vertement répondu lundi à la suggestion faite la veille par des dirigeants du Front national, invectivant les médias qui ont repris « ce bobard » selon lui sans le mettre en perspective.

« Ce bobard permet à la fois de reprendre pour la énième fois la thèse de la "porosité" de nos électorats alors que la preuve du contraire a été donnée cent fois », assure sur sa page Facebook celui qui se présente au nom de la France insoumise.

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« Et ça vous fait une louche de plus pour servir la soupe de la dédiabolisation du FN », ajoute-t-il, évoquant à propos des journalistes qui lui ont téléphoné sur ce sujet « une grappe de mouches vrombissantes plus caricaturales que nature », soucieux d’abord de créer « le BEEEEUUUZZ ».

« Perfidies infantiles »

Il regrette que ces derniers, selon lui, « ne se soucie (nt) pas de savoir si cette grosse blague est possible », s’interrogeant : « le Front national a-t-il tant d’élus qu’il puisse les inviter à signer pour d’autres que pour Marine Le Pen ? Non, bien sûr ».

« Que faire dans cette confusion glauque ? Bien faire et laisser braire », a conclu le candidat.

L’entourage de l’intéressé n’avait pas tardé à dire tout le mal qu’il pensait de ces « perfidies infantiles », dénonçant dans le Parisien « une mauvaise plaisanterie digne du café du commerce ». « Tout le monde sourit à cette proposition, qui n’est qu’une tactique comme sait le faire le Front national qui se déguise en démocrate, qui se déguise en beaucoup de choses, en républicains ou en laïque… alors que c’est un parti antisocial et notre adversaire en politique », assène quant à lui Alexis Corbière, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.

Dimanche, le Parti de gauche a dénoncé le lancement de la campagne du FN et de Marine Le Pen en vue de 2017 dans un communiqué intitulé « sous le ravalement, un patrimoine fasciste ».

Le FN assuré de recueillir ses 500 signatures

Le Front national, contrairement aux précédents scrutins présidentiels, a « déjà quasiment » l’ensemble des 500 parrainages d’élus nécessaires pour concourir à l’élection présidentielle de 2017, avait indiqué fin mai Florian Philippot. Un effet du vivier d’élus locaux acquis lors des divers scrutins depuis 2012.

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Quant à Jean-Luc Mélenchon, il avait dénoncé fin août la Ve République, « monarchie présidentielle » qui « nous conteste le droit de nous présenter à la présidentielle » en imposant un parrainage de 500 signatures d’élus. Ce candidat pour 2017 et député européen en avait quelque 200.

Pour la première fois, après l’adoption d’une loi en avril, le Conseil constitutionnel publiera la liste intégrale des élus ayant parrainé un candidat. Il publiera aussi, deux fois par semaine, la liste des nouveaux parrains, pour éviter tout faux suspense des candidats sur leur quête des 500 signatures.