Présidentielle 2017: Bruno Le Maire dévoile son «contrat présidentiel»

POLITIQUE L'ancien ministre Bruno Le Maire a présenté ce samedi un «contrat présidentiel» lors sa rentrée politique organisée dans un camping près de Sète (Hérault)...

20 Minutes avec AFP

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Bruno Le Maire à Sète le 17 septembre 2016.
Bruno Le Maire à Sète le 17 septembre 2016. — PASCAL GUYOT / AFP

Enfin sortir de son statut de challenger pour s’imposer face au duel médiatique opposant Alain Juppé à Nicolas Sarkozy. C’est l’ambition du « contrat présidentiel » détaillé ce samedi par Bruno Le Maire devant élus et soutiens réunis tout le week-end dans un camping de Sète (Hérault).

« Nous ne proposons pas la même chose, nous n’avons pas la même vision de la France. Tout ne se vaut pas dansles propositions des candidats à la primaire », a-t-il lancé lors cette rentrée politique.

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Un épais classeur d’un millier de pages

Ce promoteur du « renouveau » en politique, a situé son propre programme « entre un projet toujours plus violent » et « pas de projet du tout », estimant qu’il était « toujours facile en campagne de pousser le bouchon très loin » ou « de ne rien promettre »… Mais il s’est bien abstenu de citer ses adversaires.

Selon les enquêtes d’opinion, cet ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin pointe en troisième position, parfois rattrapé par l’ex-Premier ministre François Fillon. Il avait bénéficié d’un surcroît de notoriété après l’annonce de sa candidature en février.

Il parie sur une campagne éclair, qualifiant cette primaire, inédite à droite, de « pétard à courte mèche » avec une « cristallisation tardive ».

Manière aussi pour lui de dire que rien n’est joué et qu’à la dernière minute, il pourra encore bousculer le jeu. Alors il exhorte ses troupes à défendre son programme -- un épais classeur d’un millier de pages distribué samedi -- qui vaut « engagement » auprès des Français.

« Il n’y a qu’une figure du renouveau »

Dans un contexte général de défiance vis-à-vis des hommes et femmes politiques et dans une élection où concourent de vieux routiers (un ancien chef de l’Etat et deux ex-Premier ministre), Bruno Le Maire veut écrire noir sur blanc ce qu’il ferait une fois arrivé au pouvoir pour ne « pas tromper les électeurs ».

Parmi les véritables nouveautés, la proposition d’abaisser de 7,5 % à 6 % la CSG, à savoir « le début de la baisse des impôts pour tous dans notre pays », a-t-il assuré. Nicolas Sarkozy propose lui une baisse de l’impôt sur le revenu de 10 % en arrivant au pouvoir.

Il prévoit un montant de 85 milliards d’euros pour les coupes dans les dépenses publiques. Il a réaffirmé qu’il souhaitait un référendum sur le renouvellement de la vie politique (diminution du nombre de parlementaires, non-cumul des mandats dans le temps,…) au deuxième tour des législatives, préalable à toute autre réforme.

Côté renouveau d’ailleurs pas questionde laisser la place à Emmanuel Macron. « Il n’y a qu’une figure du renouveau », tranchait-il il y a quelques mois.

« Douze chantiers de long terme » et « huit ordonnances »

Rédigé avec l’appui de 400 personnes, son programme présente le contenu des « huit ordonnances » qu’il veut faire adopter à l’été 2017, et présente aussi « douze chantiers de long terme ».

Abrogation de la réforme du collège, retraite à 65 ans, « unification des régimes de retraites », diminution de 500.000 fonctionnaires en cinq ans, « emplois rebond » pour une durée limitée payé sous le SMIC, suppression de la fonction publique territoriale…

Il préconise aussi de supprimer pendant un an les cotisations patronales pour les embauches dans les entreprises de moins de dix salariés.

Un catalogue de mesures qui fait aussi office de réponse à ses détracteurs s’interrogeant sur le contenu du renouveau qu’il met en avant.

Il n’est pas en reste sur les questions d’immigration avec au programme une ordonnance pour « contrôler les flux migratoires » dès l’été 2017. « Pas la peine de vouloir supprimer le regroupement familial », a-t-il dit samedi, comme l’a proposé Nicolas Sarkozy, mais il faut en « durcir les conditions ». Il prône une « justice d’exception pour le terrorisme ».

Sur la dégressivité des allocations-chômage, qu’il propose depuis 2011, il a ironisé sur ceux qui l’avaient critiqué à l’époque et qui, maintenant candidats, se « rallient à son panache », en allusion à Nicolas Sarkozy et François Fillon.

Il a aussi désigné son équipe de porte-parole : les députés Laure de La Raudière, Salima Saa, Damien Abad, Alain Chrétien, Franck Riester et la vice-présidente du conseil général d’Ile-de-France Stéphanie Von Euw.