Primaire à droite: 100 milliards d’économies, hausse de la TVA… Fillon détaille son «choc» budgétaire

PROGRAMME Le candidat à la primaire à droite François Fillon a présenté ce mercredi le cadrage financier de son programme…

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon, ancien  Premier ministre et candidat à la primaire à droite, le 14 septembre 2016 à Paris.
François Fillon, ancien Premier ministre et candidat à la primaire à droite, le 14 septembre 2016 à Paris. — WITT/SIPA

Dans la palette des candidats en lice dans la primaire à droite, François Fillon confirme sa couleur libérale. Ce mercredi, l’ancien Premier ministre a détaillé devant la presse le « cadrage financier » de son projet présidentiel, qui vise à produire « un choc de compétitivité » pour sortir la France du marasme économique et du chômage. Ce choc se traduit notamment par 100 milliards d’euros d’économies de dépense publique durant le quinquennat 2017-2022.

Régime sec pour la Sécurité sociale

Dans ce programme, la Sécurité sociale passe à la caisse, assumant la moitié de ces réductions de dépenses publiques : 20 milliards d’euros attendus sur le régime des retraites par le passage de l’âge de la retraite à 65 ans, plus de 20 milliards sur les dépenses de santé et liés à la réforme de la carte hospitalière ; 10 milliards d’euros provenant de la dégressivité et du plafonnement des allocations-chômage, et de la baisse du nombre de chômeurs. Trente milliards d’économies sont attendues du côté de l’État, contre 20 milliards d’euros pour les collectivités territoriales.

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Hausse de la TVA… mais pas des prix ?

L’une des autres mesures phare de François Fillon est la hausse « de deux points du taux normal et du taux intermédiaire de la TVA ». Une proposition qui oppose les candidats à cette primaire, et qui a notamment été retoquée par Nicolas Sarkozy. Pour François Fillon, cette hausse « nous mettra dans la moyenne des pays européens et ce sera compensé pour les salariés par une baisse de leur charge », a-t-il argué.

Une probable hausse des prix liée à l’augmentation de la TVA (qui rapporterait « 17 à 18 milliards d’euros ») est balayée par Gilles Carrez, président LR de la Commission des finances de l’Assemblée nationale et soutien de François Fillon : « Cette augmentation ne se transmettra que faiblement dans les prix (…) parce que nous n’avons pas d’inflation. Nous sommes dans des conditions très différentes de 1995 où avait été pratiquée une augmentation de deux points [qui s’était traduite par une hausse des prix de l’essence, du gaz et de l’électricité ou encore des transports et des services]. L’Allemagne a pratiqué une augmentation de trois points en 2006 qui s’est parfaitement bien passée ».

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La hausse de la TVA est-elle un geste contre les plus pauvres ? Auprès de 20 Minutes, la députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer assure que non. « On ne peut pas continuer à avancer de cette façon avec le déficit abyssal de l’assurance maladie et de tout le système de santé. Je pense au contraire que c’est une mesure d’équité et de justice car tout le monde paye la TVA. C’est bien que tout le monde y participe. (…) Cela ne peut pas peser que sur le travail. »

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« Déficit public ramené à 0 % en 2022 »

Le programme de François Fillon ne se résume pas qu’à une diète XXL pour redresser les finances françaises. Le candidat avance 40 milliards d’allégements en direction des entreprises pour améliorer la compétitivité et 10 milliards pour les ménages pour relancer la consommation. Il souhaite par ailleurs injecter 12 milliards d’euros pour la Défense, la justice et la police afin de répondre à la menace terroriste.

Avec ces économies drastiques - parmi les plus importantes proposées durant cette campagne – François Fillon assure retrouver en 2022 « le plein-emploi » avec un taux de chômage de moins de 7 %. L’ancien Premier ministre promet aussi un déficit public ramené à 0 % en 2022, contre -4,7 % en 2017. Quant à une baisse des impôts sur le revenu pour tous soutenue par le rival Nicolas Sarkozy, François Fillon fait une croix dessus. La proposition est jugée « intenable ».

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