Affaire Bygmalion: Pourquoi le nouveau témoignage de France 2 embarrasse Nicolas Sarkozy

JUSTICE France 2 a diffusé jeudi soir un extrait du témoignage de Franck Attal, spécialiste de l'événementiel pour Bygmalion, qui interpelle Nicolas Sarkozy sur le financement de sa campagne 2012...

T.L.G.

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Nicolas Sarkozy, 2016.
Nicolas Sarkozy, 2016. — JEFF PACHOUD / AFP

L’affaire n’a pas fini de planer au-dessus de la tête de Nicolas Sarkozy. Lundi, le parquet a demandé un procès pour le candidat à la primaire de la droite dans l’affaire Bygmalion. La justice lui reproche notamment d’« avoir dépassé le plafond des dépenses électorales » fixé à 22,5 millions d’euros en 2012.

Jeudi soir, France 2 a diffusé l’extrait d’une enquête d’Envoyé Spécial sur le financement de la campagne. L’intégralité du magazine sera finalement diffusée le 29 septembre, après un bras de fer au sein de la rédaction de la chaîne publique. En quoi ce nouveau témoignage charge-t-il la défense de Nicolas Sarkozy ? 20 Minutes fait le point.

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Qu’a-t-on vu jeudi soir au JT ?

Le JT de France 2 a diffusé un entretien exclusif avec Franck Attal. Le spécialiste de l’événementiel chez Bygmalion, qui organisait les meetings de Nicolas Sarkozy lors de la campagne de 2012, s’exprimait pour la première fois sur le dossier, dans lequel il est lui aussi mis en examen.


Affaire Bygmalion : Témoignage de Franck Attal de Bygmalion

Franck Attal explique comment se serait mis en place un système de double facturation à l’UMP. Voyant le budget exploser, après une dizaine de meetings, Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne, l’aurait convoqué.

« On a plafond dans les comptes de campagne qui va être très vite atteint et on ne va pas pouvoir continuer comme ça […] Vous allez nous déplacer la facturation. Vous nous livrez les meetings dans les formats habituels, et il y aura une partie de la facturation liée aux meetings que vous allez facturer à l’UMP. Du coup, ça nous permettra de tenir la ligne des comptes de campagne ». Voilà comment la campagne de 2012 aurait basculé dans l’illégalité.

En quoi ce témoignage concerne Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy a toujours affirmé avoir entendu parler du nom de Bygmalion après la campagne, et indique ne pas connaître Franck Attal. « Il ne me connaît pas ? On s’est croisé 45 fois. Il m’a suivi 45 fois pas à pas pour retrouver son pupitre, il m’a appelé une trentaine de fois […] mais en 2016, il ne me connaît pas ? », s’agace l’intéressé sur France 2.

S’il reconnaît n’avoir jamais évoqué cette double facturation avec Nicolas Sarkozy en personne, Franck Attal refuse de porter l’entière responsabilité des fautes. « La vérité, c’est pas une vérité qui m’innocente. C’est juste une vérité qui limite ma culpabilité […] il aurait été noble que des gens qui prétendent aux plus hautes fonctions de l’Etat aient au moins le même comportement que le mien. Ces gens-là, moi je suis prêt à les rencontrer et à parler avec eux sur un plateau télé […] Je suis prêt à m’expliquer avec Nicolas Sarkozy sur un plateau télé, et que l’on défende, argument contre argument, les faits qui sont relatifs à mon action à moi dans cette affaire ».

Nicolas Sarkozy n’a pas répondu aux sollicitations de la chaîne. Devant le juge, l’ancien président a toujours réfuté avoir utilisé les 18 millions d’euros de dépenses liées aux fausses factures. « Ou est passé cet argent ? J’affirme qu’il n’est pas passé dans ma campagne ». Jérôme Lavrilleux conteste lui aussi la verson de Franck Attal mais son témoignage est conforté par deux de ses associés, rappelle Franceinfo.

Quelle va être la suite de l’affaire ?

La version longue (35-45mn) de l’enquête de France 2 sera diffusée le 29 septembre prochain, soit 8 jours après le lancement officiel de la campagne de la primaire à droite. C’est aussi avant le 30 septembre que les juges d’instruction doivent décider de suivre ou non les réquisitions du parquet, demandant le renvoi en correctionnelle de l’ancien président.

Le Canard Enchaîné indiquait mercredi que Nicolas Sarkozy avait menacé de ne pas venir le 15 septembre à la nouvelle Emission politique » de France 2 si le sujet passait avant la fin de la primaire. Une information confirmée à demi-mot ce vendredi par la présentratrice d’Envoyé spécial Elise Lucet mais démentie par l’entourage de l’ex-président..