Affaire Bygmalion: Nicolas Sarkozy dénonce une «manœuvre honteuse»

RIPOSTE L’ancien chef de l’Etat assure que rien « ne le détournera de [sa] volonté absolue de construire » l’alternance en 2017…

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Sarkozy était à Poissy le 6 septembre 2016
Nicolas Sarkozy était à Poissy le 6 septembre 2016 — PATRICK KOVARIK / AFP

Sa réaction ne s’est pas faite attendre. Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, a assuré à propos de l’affaire Bygmalion qu'« aucune polémique, aucune manœuvre, aucune manipulation aussi honteuse soit-elle, ne [le] détournera d’un centimètre de [sa] volonté absolue de construire » l’alternance en 2017, mardi à Poissy (Yvelines).

L’ex-chef de l’Etat livrait sa première réaction publique aux réquisitions du parquet de Paris qui a demandé lundi son renvoi devant le tribunal correctionnel dans cette affaire. Les juges devraient prendre une décision pour un éventuel procès d’ici un mois minimum, une perspective qui assombrirait sa campagne pour la primaire, prévue les 20 et 27 novembre.

Un possible renvoi en correctionnelle

« J’aime les gens qui ont connu des hauts et des bas, qui ne se sont pas plaints, qui ont serré les dents », a affirmé Nicolas Sarkozy, lors d’un meeting à Poissy sur le thème de l’éducation.

Avant de démarrer son discours sur ce thème, Nicolas Sarkozy a tenu à affirmer que « dans la vie, on ne fait rien sans courage. Je pense que dans le mode de vie français, dans l’identité française, il y a cette idée extrêmement forte que […] le bonheur, c’est chaque fois qu’on surmonte une épreuve », et qu’on a « la satisfaction » de se dire « j’ai surmonté cette épreuve », a-t-il assuré.

Le parquet de Paris a également requis un procès pour treize autres mis en examen dans l’affaire Bygmalion, dernière étape avant un possible renvoi en correctionnelle.

Dans des réquisitions du 30 août, dont l’AFP a eu connaissance, le parquet a demandé le renvoi en correctionnelle de l’ex-président pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

Les déclarations de la droite « insupportables », selon Valls

Nicolas Sarkozy, mis en examen en février, se voit reprocher notamment d'« avoir dépassé le plafond des dépenses électorales » fixé à 22,5 millions d’euros et de faire « état », dans son compte de campagne, d'« éléments comptables sciemment minorés ».

Il appartient maintenant aux juges d’instruction de suivre ou non ces réquisitions, dans un délai d’un mois minimum.

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Manuel Valls a jugé mardi « insupportables » « pour l’idée qu’on se fait de la séparation des pouvoirs et du rôle de la justice », les déclarations à droite accusant l’exécutif de mener une « manœuvre politique » contre l’ancien chef de l’Etat.

Il faisait notamment allusion à l’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, qui a dénoncé lundi « une nouvelle manœuvre politique grossière » après l’annonce des réquisitions du parquet de Paris.