Grèves: la presse agite «le spectre de l'hiver 1995»

REVUE DE PRESSE Les éditorialistes s’inquiètent pour Nicolas Sarkozy...

D'après AFP

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Décidément, l’état de grâce est bel est bien fini. Les éditorialistes de la presse française reviennent vendredi sur les grèves prévues les 13 et 14 novembre prochains, et agitent «le spectre de l'hiver 1995». Verdict: Nicolas Sarkozy joue sur ce dossier sa crédibilité quant à sa capacité à réformer la France.

«Le spectre de l'hiver 1995 hante les esprits», notamment celui d’Yves Thréard dans «Le Figaro». L'éditorialiste enjoint les Français à ne «pas tomber dans le piège de ce climat maussade entretenu à dessein», même si «les syndicats regimbent» devant les réformes et «les derniers tenants des vieilles théories de gauche continuent la lutte».

«La guerre que le pouvoir sarkozyste a désormais engagée contre le monde du travail»

«Nicolas Sarkozy semble vouloir pousser la France dans un bras de fer, parce qu'il pense avoir gagné la bataille de l'opinion en mai», déplore Pierre Laurent, dans «L'Humanité». L’éditorialiste estime pourtant que «l'issue de la bataille présidentielle n'a pas décidé du sort que l'avenir réserve à la guerre que le pouvoir sarkozyste a désormais engagée contre le monde du travail».

La Croix, sous la plume de Dominique Gerbaud, n'écarte pas que le conflit puisse s'installer dans la durée. «Le conflit pourrait être moins massif qu'en 1995 mais tout aussi long et aussi fâcheux pour les Français». L’explication, selon lui: «c'est la base et souvent les plus jeunes, très déterminés, qui font pression sur les dirigeants syndicaux plus "raisonnables". Ils peuvent tenir longtemps.»

«Nicolas Sarkozy ne cédera pas»

Car de l’autre côté aussi, la détermination est sans failles. Alexandre Morel, dans «La Montagne», est persuadé que «l'exécutif est déterminé à ne rien céder sur la réforme des régimes spéciaux», conscient que ce dossier «constituera un test de sa capacité à réformer».

Même son de cloche pour Michel Richard, dans «Le Midi Libre»: «Il va de soi que Nicolas Sarkozy ne cédera pas sur ce dossier des régimes spéciaux. Tout simplement parce qu'il ne peut pas céder sans se déjuger, sans se renier, sans mettre à bas sa crédibilité présidentielle».

«Et si notre tonitruant président faisait pschitt?»

Résultat, Nicolas Sarkozy est désormais «sur la corde raide», pour Pierre Taribo, dans «l'Est Républicain», qui développe: «nous assistons au remake d'un mauvais film où le corporatisme et le refus du changement font que la France s'accroche obstinément à un monde dépassé».

Alors, qui va gagner? Sébastien Lacroix, dans «L'Union de Reims», pose la question: «Et si Sarkozy échouait? Et si notre tonitruant président faisait pschitt?» «Tout échec le ramènerait, aux yeux des Français, dans le rang des présidents précédents.»

Et vous, pensez-vous que les grèves pourraient prendre la même ampleur?