VIDEO. Affaire Bygmalion: Le parquet demande un procès pour Nicolas Sarkozy et 13 autres mis en examen

JUSTICE L’ancien président est accusé de « financement illégal de campagne électorale ». Son avocat dénonce « une nouvelle manœuvre politique grossière »…

20 Minutes avec AFP

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Le candidat à la primaire à droite Nicolas Sarkozy
Le candidat à la primaire à droite Nicolas Sarkozy — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Nouveau rebondissement dans l’affaire Bygmalion. Le procureur de Paris a demandé ce lundi le renvoi de tous les mis en examen du dossier, parmi lesquels Nicolas Sarkozy, désormais officiellement engagé dans la course à la présidentielle.

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« Le parquet demande le renvoi de tous les mis en examen » qui sont au nombre de quatorze dans cette affaire, a précisé une source proche de l’enquête, comme l’a indiqué un peu plus tôt Europe 1 dans un tweet. Il appartient maintenant aux juges d’instruction de suivre ou non ses réquisitions.

Un éventuel renvoi pourrait freiner Sarkozy dans la course à la présidentielle

L’ancien président est suspecté d’avoir dépassé le plafond des dépenses électorales autorisé, d’avoir « omis de respecter les formalités d’établissement du compte de campagne » et d’avoir « fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d’éléments comptables sciemment minorés ».

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Il appartient maintenant aux juges d’instruction de suivre ou non ses réquisitions, dans un délai d’un mois minimum. Mais d’éventuels recours de procédure sont toujours susceptibles de rallonger les délais. Un éventuel renvoi avant la primaire de la droite pour la présidentielle, prévue les 20 et 27 novembre, compliquerait la tâche de l’ancien président de briguer un nouveau mandat à l’Elysée.

L’avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, a dénoncé ce lundi « une nouvelle manœuvre politique grossière qui ne résistera pas davantage que les autres à l’examen des faits », évoquant une « affaire où les deux années d’enquête ont démontré son absence totale d’implication dans des faits présumés délictueux ».

Un calendrier trop bien « choisi » aux yeux de Wauquiez

Laurent Wauquiez, président par intérim du parti Les Républicains, voit dans la demande du parquet une « énième manœuvre politico-judiciaire, qui terminera comme les précédentes, aux oubliettes », écrit-il dans un communiqué. Selon lui, « personne ne peut être dupe du calendrier qui est choisi, à quelques jours du lancement officiel de la primaire de la droite et du centre ».

« Il est troublant de constater que la demande de renvoi en correctionnelle porte sur des motifs pour lesquels Nicolas Sarkozy n’a pourtant pas été mis en examen. Cela s’apparente à une volonté de déstabilisation qui nourrit légitimement les soupçons d’instrumentalisation de la justice », ajoute-t-il.

Délits de faux, abus de confiance, escroquerie, complicité de financement illégal…

L’enquête porte sur un vaste système de fausses factures destiné à dissimuler un dépassement massif du plafond des dépenses autorisées pour la campagne, qui était fixé à 22,5 millions d’euros.

Dans des réquisitions datées du 30 août, le parquet de Paris a demandé le renvoi en procès de treize autres personnes, en visant les délits de faux, abus de confiance, escroquerie ou complicité et complicité de financement illégal. Parmi elles, figurent d’anciens cadres de l’ex-UMP, comme Eric Cesari, des responsables de la campagne présidentielle, comme son directeur Guillaume Lambert ou Jérôme Lavrilleux, et les responsables de la société Bygmalion, dont la filiale Event and Cie organisait les meetings de la campagne sarkozyste.

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Tous sont soupçonnés d’avoir participé à la mise en place d’un système de fausses factures pour imputer à l’UMP quelque 18,5 millions d’euros de dépenses de meetings qui auraient dû figurer dans le budget de campagne du candidat. Les factures, retrouvées par les enquêteurs, portaient la mention de conventions de l’UMP qui n’ont jamais eu lieu.