Primaire à droite: La difficile chasse aux parrainages de NKM

LES REPUBLICAINS Ce dimanche à La Baule, Nathalie Kosciusko-Morizet a une nouvelle fois lancé un appel aux élus et aux militants de son parti...

Julie Urbach

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NKM à la Baule le 04 septembre 2016
NKM à la Baule le 04 septembre 2016 — J. Urbach/ 20 Minutes

« On n’est pas loin du but. Assez pour être confiants, mais toujours sous tension. » A cinq jours de la clôture du dépôt des candidatures pour la primaire à droite, le suspense perdure dans le camp de Nathalie Kosciusko-Morizet. Celle qui ambitionne de représenter le parti des Républicains à l’élection présidentielle de 2017 avait fait le déplacement à la Baule ce dimanche pour un sprint final : au début du week-end, quelque 200 parrainages d’adhérents (sur 2.500) et plusieurs dizaines de parlementaires (sur 50) étaient encore à trouver pour gagner son ticket.

>> Primaire à droite: Derniers jours pour la chasse aux parrainages

« J’ai besoin de vous, a-t-elle lancé sans détour à un parterre de militants et élus réunis pour l’université d’été des Républicains, ce dimanche matin. Sans ma couleur idéologique, la primaire ne dira pas la même chose. Loin de nous affaiblir, plus les idées seront plurielles, plus la guerre des égos disparaîtra. (…) Je lance un appel à ceux qui sont d’accord ou pas d’accord avec moi ».

Soutiens de dernière minute

Ces derniers jours, ce message semble pourtant avoir été entendu. Après l’appel au soutien d’Alain Juppé, le filloniste Gilles Carrez a annoncé qu’il parrainerait NKM, tout comme Valérie Pécresse

Ce dimanche, dans un climat jugé « plus apaisé », même Nicolas Sarkozy (qui l’avait pourtant évincé de la direction du parti en 2015) a eu son petit mot pour elle. « Etonnant car il a tout intérêt à ce qu’il y ait le moins de monde qui participe à ces primaires, contrairement à nous, en vue d’un report de voix et d’une victoire au deuxième tour », commente un militant pro-Juppé.

Dans son camp, les militants ne se risquent pas à commenter ces marques de sympathie. Car pour beaucoup, le parti tendrait en fait à fermer le jeu à la candidature de NKM. « Quand on fait du "phoning", la plupart des adhérents ne connaissent pas la procédure, il faut tout leur expliquer et aller les chercher un par un », raconte une militante. « C’est une campagne difficile lorsque l’on ne possède pas les fichiers des adhérents », aime à rappeler la candidate elle-même, quand on l’interroge sur l’organisation de sa chasse aux signatures.

« Elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense »

Parmi ses proches, impossible d’imaginer que leur favorite ne soit pas en lice, le 20 novembre. « C’est elle qui m’a donné envie de faire de la politique, s’enthousiasme Natacha, 20 ans. C’est une femme qui n’a pas peur de déranger, de dire ce qu’elle pense. La seule aussi à aborder des sujets comme l’écologie et le numérique, le vivier de l’emploi de demain. » L’argument qu’une femme figure parmi les candidats, qui irrite certains de ses proches tant elle gomme « le reste de ses idées », pourrait aussi jouer dans la balance aux yeux des élus et des militants.

Celle qui propose de supprimer le poste de premier ministre ou encore de baisser drastiquement les charges sur les entreprises, de son côté, botte en touche lorsqu’on lui demande d’imaginer la suite dans le cas où elle échouerait. « Si on continue à ce rythme, on aura le compte le 9 au matin », promet, sur la même ligne, son entourage. Selon un sondage publié dimancher dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet recueillerait 2,5 % des votes.