Nicolas Sarkozy peine à convaincre les patrons à l'université d'été du Medef

PRESENTATION L'ancien chef de l'Etat n'a pourtant rien fait comme les autres... 

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Sarkozy a décliné le 31 août 2016 ses propositions devant des chefs d'entreprise réunis à l'université d'été du Medef
Nicolas Sarkozy a décliné le 31 août 2016 ses propositions devant des chefs d'entreprise réunis à l'université d'été du Medef — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Le candidat à la primaire de la droite Nicolas Sarkozy s’est présenté ce mercredi devant des chefs d’entreprise réunis à l’université d’été du Medef pour exposer ses propositions.

L’ancien chef de l’Etat, qui n’était pas venu à cet événement annuel du Medef depuis 2007, s’est permis d’arriver en retard pour sa présentation, s’affranchissant des règles instituées par le Medef pour encadrer les interventions des uns et des autres, rapporte Le Monde.

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Nicolas Sarkozy a notamment passé une quarantaine de minutes à égrener son programme économique devant une assistance assez réservée, contre vingt minutes accordées habituellement aux différents intervenants. Comment ? En faisant supprimer le chronomètre grâce auquel les organisateurs et le public s’assuraient du bon respect du temps de parole de chacun.

Le quotidien note que contrairement aux autres intervenants, qui s’étaient exprimés debout ou en arpentant la scène, l’ancien chef des Républicains s’est emparé du pupitre, installé sur scène à son intention.

Succès mitigé

Sur le fond, quelques-unes de ses propositions ont été applaudies, comme la suppression du compte pénibilité, le rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires, l’exonération des droits de transmission ou encore la suppression de l’ISF « dès le mois de juillet » et la suppression des seuils sociaux.

« Le paritarisme, c’est l’autre mot de l’immobilisme, plus on dialogue moins on fait », a-t-il aussi lancé en rappelant qu’il veut supprimer le monopole syndical au premier tour des élections professionnelles. Il a également répété un de ses slogans de 2007, celui du « travailler plus pour gagner plus ». « Je n’ai pas changé d’avis ce point de vue », a-t-il dit, en exposant sa réforme du temps de travail via référendum d’entreprise.

« La France et ses responsables pourraient décider d’arrêter de faire la fortune de la Grande-Bretagne, de la Belgique, de Monaco et de la Suisse », a-t-il aussi glissé en évoquant l’ISF. Tous les candidats de la primaire à droite veulent supprimer cet impôt.

L’accueil réservé à Bruno Le Maire plus chaleureux

Il a dévoilé les propositions contenues dans son livre sorti la semaine dernière, dont la baisse des charges de 34 milliards d’euros. « On présente souvent la France comme inréformable, je ne partage pas cet avis, le peuple français n’est pas conservateur, les élites françaises sont conservatrices, une partie des médias sont conservateurs », a-t-il dit.

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Il était accompagné par Christian Estrosi et par Eric Woerth, délégué général du parti Les Républicains, et s’exprimait dans une salle baptisée du nom du groupe Malakoff Mederic, groupe de protection sociale où travaille l’un de ses frères.

Un peu plus tôt, Bruno Le Maire, autre candidat à la primaire, avait reçu un accueil plus chaleureux. « L’ère des technocrates est terminée, c’est l’ère des entrepreneurs ! », a-t-il lancé. Et regretté que le contrat nouvelles embauches, le CNE mis en place alors qu’il était directeur de cabinet de Dominique de Villepin sous Chirac, ait été abandonné. Il a de nouveau évoqué sa proposition de ne plus limiter le nombre de CDD.

Alain Juppé, dont l’essentiel des propositions économiques, est également connu, devait s’exprimer en fin de journée.