Démission de Macron: L’ex-ministre ne va pas manquer à ses anciens collègues du gouvernement

GOUVERNEMENT Plusieurs ministres dénoncent « l’ambition » et le manque du sens des responsabilités de l’ex-ministre de l’Economie…

H. B. avec AFP
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Emmanuel Macron à la Mutualité, à Paris, le 12 juillet 2016.
Emmanuel Macron à la Mutualité, à Paris, le 12 juillet 2016. — PATRICK KOVARIK / AFP

Même si Michel Sapin a déclaré « regretter le départ » d’Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoir à Bercy, personne n’est dupe. Le ministre de l’Economie ne manquera pas à ses collègues du gouvernement, et ses derniers l’ont plus ou moins ouvertement fait savoir.

Le premier à dégainer est Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement. « Je pense qu’Emmanuel est parti pour convenances personnelles » car « il veut être candidat », a dénoncé ce mercredi matin Stéphane Le Foll sur Europe 1. Le ministre de l’Economie « a claqué la porte […] Il a expliqué que c’était parce qu’il ne pouvait plus s’exprimer. Je rappellerai simplement qu’ Emmanuel Macron, le 12 juillet, c’est-à-dire à la veille de l’intervention du président de la République, a quand même fait un grand meeting avec 2.000 personnes à la Mutualité », a déploré le porte-parole du gouvernement. 

« La démission ne valait pas absence de loyauté »

Interrogée sur RTL, la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, s’est quant à elle dite « très dubitative » sur ce départ du gouvernement « dans un moment qui est si difficile pour les Français ». « Je ne comprends pas comment on peut, quand on est aux responsabilités, dans un moment si difficile pour les Français, quand on a ce privilège d’être dans l’action au gouvernement, comment est-ce qu’on peut démissionner, a-t-elle ajouté. Comment peut-on être plus utile aux Français et à l’intérêt général qu’en agissant au sein d’un gouvernement ? »

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Sur Twitter, Juliette Méadel, secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes, a elle aussi, à sa manière, critiqué la démission du ministère de l’Economie. « Être ministre de la République, c’est utiliser chaque minute de son temps pour servir son pays. Il y a tellement à faire pour la France. »

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, a pour sa part pointé sur LCI « une certaine forme d’ambition et d’intention » d’Emmanuel Macron. « Après, est-ce qu’elle pourra se réaliser ? J’ai d’ailleurs quelques doutes », a-t-il commenté.

Le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, s’est lui aussi dit « interrogatif » sur la démission d’Emmanuel Macron, insistant sur la nécessité de la « loyauté ». « Dans ce moment, on a besoin de cohésion, pas d’un nouveau candidat, pas d’un nouveau parti, pas d’une confusion supplémentaire. (…) Et je n’ai vu hier (…) qu’un facteur de confusion supplémentaire. C’est pour ça que j’ai dit à Emmanuel Macron que la démission ne valait pas absence de loyauté », a affirmé Bruno Le Roux sur France 2.