Passation de pouvoirs à Bercy: «Je me devais de prendre la mer», assure Emmanuel Macron

ECONOMIE Le passage de témoin s’est déroulé ce mercredi matin à Bercy. Désormais à la tête d’un ministère élargi, Michel Sapin hérite d’un poste-clé, à huit mois de l’élection présidentielle…

H. B. avec AFP

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Michel Sapin et Emmanuel Macron, le 29 juillet 2015.
Michel Sapin et Emmanuel Macron, le 29 juillet 2015. — ALAIN JOCARD / AFP

Les deux hommes ne s’apprécient guère. Emmanuel Macron et Michel Sapin ont toutefois dû se côtoyer une dernière fois pour la passation de pouvoir qui s’est déroulée  à Bercy ce mercredi matin à 9 heures.

Au terme d’un mini-remaniement, le ministre des Finances, âgé de 64 ans, cumule désormais son portefeuille avec celui de l’Economie. Il hérite ainsi d’un poste-clé, à huit mois de l’élection présidentielle, et alors que Bercy doit boucler l’ultime budget du quinquennat.

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« Je me devais de prendre la mer »

Emmanuel Macron a justifié mercredi son départ de Bercy par sa volonté de « prendre la mer ». « Bercy est une île formidable, j’ai été très fier d’y être avec vous. C’est une des îles essentielles de l’archipel de l’Etat », a déclaré l’ex-ministre, en présence de nombreux conseillers et hauts fonctionnaires, mais aussi de son épouse Brigitte.

« Je me devais de prendre la mer », a ajouté l’ex-locataire de Bercy, avant de filer la métaphore, en référence à l’écrivain Marcel Pagnol : « Si vous voulez aller en mer sans aucun risque de chavirer, alors n’achetez pas un bateau, achetez une île. Mais ce n’est pas la meilleure façon de prendre la mer ».

« Une confiance exceptionnelle », estime Sapin

« Je veux dire combien ton travail, au-delà de ta personne, au-delà de tes engagements, au-delà de ta fougue à parler de tous les sujets, dans tous les domaines, a été un travail profondément nécessaire », lui a répondu son successeur Michel Sapin. « Nous avons travaillé dans des conditions de confiance exceptionnelle, pour porter un projet qui a été porté par un homme, François Hollande », a-t-il ajouté, ajoutant que la France avait « besoin de talent » mais aussi de « stabilité ».

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La nomination de Michel Sapin, qui a déjà cumulé l’Economie et les Finances entre 1992 et 1993, va mettre un terme aux coups d’éclats qui ont pimenté le quotidien de Bercy depuis quatre ans, tant avec Emmanuel Macron qu’avec son prédécesseur Arnaud Montebourg.

Le ministre des Finances, d’une loyauté sans faille vis-à-vis du chef de l’Etat, n’avait pas caché ces derniers mois son agacement envers le fondateur d'« En Marche ! », abonné aux saillies médiatiques et prompt à s’exprimer sur des sujets ne relevant pas de ses compétences.