Emmanuel Macron veut «transformer la France dès l’année prochaine»

DEMISSION Le désormais ex-ministre de l’Economie a indiqué vouloir présenter un « diagnostic de la France » dès septembre…

20 Minutes avec AFP

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Macron à Bercy le 30 août 2016.
Macron à Bercy le 30 août 2016. — MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Il a joué la carte de l’ambiguïté. Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse ce mardi à 18h30 à Bercy pour confirmer sa démission remise à François Hollande dans l’après-midi, avant de réaffirmer sa décision au JT de TF1 à 20h.

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En fin d'après-midi à son ministère, il a d’abord rendu hommage au chef de l’Etat : « J’ai présenté cet après-midi au président de la République ma démission. Je l’ai remercié de m’avoir fait confiance, de m’avoir permis de servir mon pays pendant ces deux années. J’ai consacré toute mon énergie à mener les combats qu’on m’a autorisés à livrer. Rien n’aurait été possible sans la mobilisation des agents du ministère. »

« Je n’ai pas tout réussi »

L’ancien ministre de l’Economie a dressé un bilan selon lui très positif malgré les échecs de son passage à Bercy : « Je n’ai pas tout réussi. J’ai parfois aussi échoué à faire partager et à poursuivre notre travail de transformation de notre économie. Mais je suis fier d’avoir pu apporter des changements concrets dans la vie des Français. »

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Avant de justifier sa sortie du gouvernement : « J’ai cependant touché du doigt les limites de notre système politique, qui ont construit notre impuissance collective. Nous n’avons pas le droit dans cette situation de reproduire les comportements qui ont eu court. Ce projet, « En marche ! », nécessite des transformations en profondeur de notre système. Cette démarche n’est pas compatible avec l’appartenance à un gouvernement. J’ai donc choisi de présenter ma démission. Il eut été plus facile de rester dans le confort de Bercy. Ce n’est pas un choix dirigé contre les années passées au ministère de l’Economie. »

Emmanuel Macron a aussi dessiné les contours de son agenda politique et surtout donné rendez-vous l’année prochaine pour « transformer la France » : « Dès la fin du mois de septembre, je présenterai le diagnostic de la France. Je proposerai ensuite des actions en profondeur. C’est un choix engageant car notre pays mérite de prendre pour lui des risques, pour transformer la France dès l’année prochaine. »

«Je suis de gauche»

Puis, interrogé sur TF1 sur la date à laquelle il avait pris cette décision, Emmanuel Macron a expliqué que celle-ci «inexorablement procédait du choix que j'avais fait le 6 avril dernier de créer «En Marche!»». Ensuite, a-t-il énuméré, il a défendu le débat «difficile» sur la loi Travail puis les attentats «odieux» de juillet et «il n'était pas concevable à ce moment, pas responsable de quitter le gouvernement».

Il était nécessaire de décider de cette démission de cette «manière apaisée». «Je l'assume pleinement, c'est mon choix», a-t-il affirmé. «Le président de la République a proposé un cadre clair le 14 juillet dernier», a-t-il dit, en référence au recadrage de François Hollande sur la solidarité gouvernementale.

Avant d'affirmer que s'il n'est pas socialiste, il est «de gauche, d'une gauche qui se confronte au réel, qui veut réformer le pays, qui croit dans la liberté précisément parce qu'elle construit la véritable égalité de tous», a-t-il dit. «C'est ma culture, mon origine, mon histoire familiale», a poursuivi l'ex-ministre, interrogé sur le sujet. «J'ai toujours été clair sur ce volet-là», a-t-il conclu.