Démission de Macron: La classe politique réagit avec beaucoup (beaucoup) d'ironie

DECLARATIONS A gauche comme à droite, la démission du ministre a fait bondir nombre de responsables politiques…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron prenant le bateau pour se rendre au ministère de l'Economie le 30 août 2016.
Emmanuel Macron prenant le bateau pour se rendre au ministère de l'Economie le 30 août 2016. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Emmanuel Macron a donc quitté le gouvernement. Une demi-surprise abondamment commentée par la sphère politique ce mardi, chacun y allant de son interprétation quel que soit le bord idéologique. Florilège.

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A gauche, de l’ironie surtout

Bruno Le Roux, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, a tweeté son conseil à son « pote » Macron :

Christian Paul, le chef de file des députés frondeurs du Parti socialiste, a également commenté la nouvelle sur BFM : « Emmanuel Macron va avoir un problème de loyauté avec le Président puisqu’il était le chouchou de François Hollande, il a largement inspiré la politique économique libérale qu’a menée le président de la République (…) Quand Montebourg et Hamon ont quitté le gouvernement, ils l’ont fait parce qu’il y avait des désaccords de fond. La démission d’Emmanuel Macron (…) ce n’est pas seulement une démission mais une désertion. » Le député PS du Pas-de-Calais Guy Delcourt a été bien plus mordant :

Plus à gauche encore, Jean-Luc Mélenchon et Eric Coquerel, coordinateur politique du Parti de gauche, ont aussi manié l’ironie :

Esther Benbassa, la sénatrice écologiste du Val-de-Marne, s’est également fendu d’un tweet désabusé :

Enfin, pour le secrétaire général de la CGT, « il y a - et c’est inquiétant d’ailleurs - chez un certain nombre de dirigeants politiques, y compris des ministres, une préoccupation personnelle de carrière qui l’emporte sur des préoccupations qui devraient être le maître mot de ceux qui dirigent ce pays, c’est-à-dire l’intérêt collectif », a déclaré Philippe Martinez devant la presse.

A droite, beaucoup de réactions aussi (et toujours de l’ironie)

« Vous recevrez Monsieur Macron : je suis content qu’il ait du temps pour s’occuper de vous mais à sa place, je continuerais de m’occuper de l’économie française », a déclaré Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite et du centre, qui visitait mardi la foire agricole de Châlons-en-Champagne, où l’ancien ministre est normalement attendu jeudi. « Si j’ai bien compris, ça fait quatre ans qu’on n’a pas de politique économique et dans quatre minutes, on n’aura plus de ministre de l’Economie : c’est logique », a ironisé l’ex-Président en parlant avec ceux qui tenaient le stand de cette ville.

Pour Jean-Pierre Raffarin, « alors que notre situation économique continue à se dégrader, un départ du ministre de l’Economie, c’est quelque chose qui naturellement est un choc, avec des conséquences politiques ». Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a estimé sur BFM que « si ce départ se confirme, ça sera la débandade, le crépuscule du socialisme à la française. (…) En six mois, Mme Taubira qui représentait l’aile gauche du gouvernement a démissionné, et quelques mois après c’est le représentant de l’aile plus libérale, M. Macron. C’est parce qu’il y a un échec et cet échec, il est d’abord celui, personnel, du président de la République. »

Dans le registre de l’attaque sur son bilan, Emmanuel Macron a été servi par les membres de Les Républicains Guillaume Larrivé (porte-parole) et Daniel Fasquelle (député du Pas-de-Calais).

Le Front national a aussi réagi, via Twitter, ainsi que Robert Ménard.