Au Touquet, Nicolas Sarkozy moque les «oreilles sensibles» d'Alain Juppé

PRIMAIRE A DROITE Le candidat à la primaire est de nouveau revenu sur la nécessité de défendre l'« identité nationale »…

G. N. avec AFP

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Nicolas Sarkozy, au Touquet, samedi 27 août.
Nicolas Sarkozy, au Touquet, samedi 27 août. — DENIS CHARLET / AFP

Nicolas Sarkozy a raillé samedi sans le nommer les « oreilles sensibles » sur ses propositions de son principal rival pour la primaire à droite, Alain Juppé. Il s’est ainsi présenté comme l’antithèse du « candidat des compromis bancals, des dénis de réalité et des demi-solutions sur l’immigration comme sur le reste », qui a d’ailleurs tenu le même jour son discours de rentrée à Chatou (Yvelines).

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« J’ai proposé – apparemment ça a choqué quelques oreilles sensibles - de suspendre le regroupement familial tant que l’Europe ne se serait pas dotée d’une politique migratoire. C’est curieux, ça choque quand je le dis, quand [la chancelière allemande] Mme Merkel le fait à l’endroit des réfugiés syriens, personne ne le dit » a fait mine de s’étonner l’ancien chef de l’Etat, alors qu’Alain Juppé a jugé que ce serait « pas une attitude humaine ».

Au campus des Jeunes Républicains

L’ancien chef de l’Etat s’exprimait devant plus d’un millier de personnes (2.000 selon les organisateurs) dans la chaleur étouffante d’une salle du Touquet (Pas-de-Calais) où était organisé pour la 5e année consécutive un Campus des Jeunes Républicains. « Je ne serai pas le candidat des compromis bancals, des dénis de réalité et des demi-solutions sur l’immigration comme sur le reste » a-t-il aussitôt poursuivi.

Dans un passage sur la nécessaire « unité » de son camp et l’appel à une primaire qui ne « dérive pas dans des querelles de personnes », Nicolas Sarkozy a par exemple à nouveau pris à témoin le maire de Bordeaux, rappelant leurs différences sur l'« identité nationale » qu’il a « toujours défendue » :  « Certains la voient heureuse », a-t-il déclaré, citant sans le nommer son rival, le tout sous quelques sifflets, « d’autres comme moi la voient avec un regard plus réaliste ».

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Devant des soutiens, comme le vice-président LR de la région Hauts-de-France Gérald Darmanin, le numéro deux des Républicains Eric Woerth, mais aussi devant le président non-aligné dans la primaire de la région Xavier Bertrand, Nicolas Sarkozy a lancé peu après : « Choisissez qui vous voulez, préférez qui vous voulez, ne sifflez pas, ne critiquez pas, on a déjà assez à faire avec la gauche, avec le FN et même avec le parti des observateurs ».