Primaire à droite: Les militants juppéistes jugent sévèrement le candidat Sarkozy

TEMOIGNAGES Alain Juppé, candidat à la primaire à droite, a réunit ses fidèles à Chatou (Yvelines) pour sa rentrée politique, dont de nombreux militants…

Anne-Laëtitia Béraud

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Ils étaient 2.000 à venir soutenir leur champion à Chatou, samedi 27 août.
Ils étaient 2.000 à venir soutenir leur champion à Chatou, samedi 27 août. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Des centaines de petits chapeaux sous un soleil de plomb. Les fidèles d’Alain Juppé se sont pressés ce samedi à Chatou, dans les Yvelines, pour la rentrée politique du candidat à la primaire à droite. Quelques jours après le lancement de la campagne de Nicolas Sarkozy, qui a attaqué Alain Juppé sur son concept d’« identité heureuse », les militants juppéistes veulent affirmer leur différence. Pour mieux convaincre les 20 et 27 novembre, dates de la primaire à droite qui décidera du champion de la droite à la présidentielle 2017.

Nestor Koffi, Sam Dibi et Zébré Samuel Souhoure, militants au rassemblement d'Alain Juppé à Chatou (Yvelines) le 27 août 2016.
Nestor Koffi, Sam Dibi et Zébré Samuel Souhoure, militants au rassemblement d'Alain Juppé à Chatou (Yvelines) le 27 août 2016. - A-L.B./20 Minutes

« La campagne a débuté dans des polémiques de basse-cour, c’est vraiment dommage toutes ses histoires avec le burkini », déplore Nestor Koffi, venu de Champs-sur-Marne avec ses amis. Ce sujet serait d’ailleurs monté en épingle par Nicolas Sarkozy pour une raison toute simple, estime son ami Zébré Samuel Souhoure : « Quand on n’a pas de programme, on tombe dans la critique de l’islam, le burkini, les minorités… Le problème de Nicolas Sarkozy, c’est que l’on est tout le temps dans le règlement de comptes », continue ce professeur de méthodologie, bénévole au QG parisien de campagne d’Alain Juppé. « Avec Nicolas Sarkozy, c’est moi d’abord, un ego surdimensionné et la revanche sur 2012. Il préfère mater plutôt que dialoguer. Alors qu’Alain Juppé révèle sa sagesse, tant dans son discours que dans sa volonté de ne faire qu’un seul mandat s’il est élu », ajoute son ami Sam Dibi.

« Après ce début de campagne sur l’islam, J’espère juste qu’il restera digne »

Etre « juppéiste », est, selon ces militants, parler d’une voix différente, qui œuvre au « rassemblement » du plus grand nombre contre les divisions. « Chacun a une place dans la société, dans le respect des lois de la République et de la laïcité », explique Fatou Kébé, ancienne élue dans la majorité socialiste à Saint-Ouen.

Fatou Kébé, animatrice du comité de soutien d'Alain Juppé à Saint-Ouen, au rassemblement d'Alain Juppé à Chatou (Yvelines) le 27 août 2016.
Fatou Kébé, animatrice du comité de soutien d'Alain Juppé à Saint-Ouen, au rassemblement d'Alain Juppé à Chatou (Yvelines) le 27 août 2016. - A-L.B./20 Minutes

« Je crois à cette "identité heureuse", car, en tant que femme musulmane, issue d’une minorité, je trouve ça grave de devoir me justifier d’être française en 2016 », ajoute l’animatrice du comité de soutien d’Alain Juppé à Saint-Ouen. « Nicolas Sarkozy s’est tourné vers les thèmes de l’extrême droite. Les amalgames entre islam et terrorisme sont terribles dans notre société qui a besoin de rassemblement après les attentats », ajoute cette trentenaire jamais encartée.

Faire le choix d’Alain Juppé dans cette campagne à la primaire, c’est enfin vouloir « l’apaisement » contre l’« hystérisation de la société par les politiques », argue R., 20 ans, membre de l’équipe du pôle de mobilisation digitale d’Alain Juppé. « On a besoin de quelqu’un qui apaise la société plutôt qu’un autre qui pointe du doigt. Nicolas Sarkozy, ancien président, a pu avoir des engagements forts en 2007 mais il a fait son temps après son échec en 2012. Il est temps de passer à autre chose », ajoute le jeune homme.

Jean-Pierre Coulon, premier adjoint à Maubeuge, au rassemblement d'Alain Juppé à Chatou (Yvelines) le 27 août 2016.
Jean-Pierre Coulon, premier adjoint à Maubeuge, au rassemblement d'Alain Juppé à Chatou (Yvelines) le 27 août 2016. - A-L.B./20 Minutes

Un commentaire abondé par Jean-Pierre Coulon, premier adjoint à Maubeuge : « J’étais sarkozyste, et puis j’ai été déçu de Nicolas Sarkozy à cause de ses comportements et ses promesses qu’il n’a pas tenu, comme sur les 35 heures. Après ce début de campagne sur l’islam, J’espère juste qu’il restera digne. Car à force de stigmatiser les musulmans, ils vont se refermer sur eux-mêmes, et ce serait une grande erreur. »