Primaire à droite: Après l'entrée en campagne de Sarkozy, Juppé, Fillon et Le Maire préparent la riposte

CAMPAGNE Alors que Nicolas Sarkozy a officialisé sa candidature lundi, les prétendants à la primaire Alain Juppé et François Fillon ripostent ce week-end, avant Bruno Le Maire….

Anne-Laëtitia Béraud
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Montage 20 Minutes de François Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire
Montage 20 Minutes de François Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire — SIPA

Depuis l’officialisation de sa candidature à la primaire à droite, lundi soir, Nicolas Sarkozy multiplie les interventions médiatiques : publication d’un livre mercredi, interview à un 20h et au Figaro Magazine, déplacement et meeting ce jeudi dans les Bouches-du-Rhône avant une tribune, samedi, avec les jeunes Républicains au Touquet (Pas-de-Calais). Face à cette occupation de l’espace médiatique, les prétendants à la primaire, à l’instar d’Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire préparent la riposte pour tracer leur sillon. Avec, en ligne de mire, l’élection des 20 et 27 novembre qui désignera le champion de la droite à la présidentielle.

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Dans les équipes des candidats, on s’étonne tout d’abord du retentissement de la campagne de l’ancien président. « La candidature de Nicolas Sarkozy était connue depuis des mois. C’est surprenant qu’il ait fait autant de couvertures [de journaux] », s’étonne Fabienne Keller, sénatrice juppéiste du Bas-Rhin. « On a pris note de cette candidature. Il n’y avait rien de nouveau. Celle-ci n’a pas fait dévier François Fillon, qui mène sa barque », balaie Caroline Cayeux, sénatrice-maire filloniste de Beauvais.

« L’identité ne peut pas être le sujet central d’une campagne »

François Fillon nourrit d’ailleurs sa riposte. Après une interview au Point ce jeudi, il rassemble dimanche ses fidèles dans son fief dans la Sarthe. Une journée pour imposer sa voix, loin de « la politique de Nicolas Sarkozy qui se résume à l’identité », analyse Caroline Cayeux. « Ce thème est très important mais cela ne peut pas être le sujet central d’une campagne », souligne la filloniste. « Donner de l’emploi, changer de politique sociale et familiale est tout aussi essentiel que l’identité et la sécurité. C’est ça l’équilibre de François Fillon », souligne Caroline Cayeux.

Attaqué sur son concept « d’identité heureuse » par Nicolas Sarkozy dans son ouvrage Tout pour la France (Plon, 232 pages, 18 euros), l’équipe d’Alain Juppé pointe un mauvais procès. « Ce serait oublier qu’Alain Juppé a évoqué l’autorité régalienne, la sécurité, l’Etat fort dans son ouvrage publié en janvier dernier », rappelle la sénatrice juppéiste Fabienne Keller.

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Décaler sa rentrée politique

Ce thème sera d’ailleurs évoqué samedi à Chatou (Yvelines), où le maire de Bordeaux organise sa rentrée politique avec environ 2.000 personnes attendues. « Mais ce ne sera pas évidement le seul sujet de sa campagne », relève Fabienne Keller. Discret en août, Alain Juppé devrait désormais être plus présent dans les médias. « A trois mois de l’élection, Alain Juppé va amplifier sa démarche tout en restant sur la ligne qu’il s’est fixé. Et c’est gagnant, si l’on considère les derniers sondages », argue Fabienne Keller.

Dans une enquête Ipsos pour Le Point publiée mardi, Alain Juppé est en tête parmi les sympathisants Les Républicains à 73 % (+ 3 points), François Fillon remonte à la deuxième place (66 %, + 1 point), quand Nicolas Sarkozy perd 13 points, à 55 % de bonnes opinions.

Troisième personnalité préférée des sympathisants LR, Bruno Le Maire a choisi de décaler sa rentrée politique. Il termine vendrediune tournée des plages françaises d’une dizaine de jours. Pas question cependant de déserter la communication politique, avec une forte présence sur les réseaux sociaux et dans les quotidiens régionaux. « Son » week-end est programmé pour les 17-18 septembre à Sète, avec un meeting où il présentera « son contrat de mandat avec les Français ». « La campagne commence vraiment maintenant. Les compteurs à zéro sont désormais remis à zéro entre les candidats », estime Caroline Cayeux.