«Je peux devenir méchante!», lance Christiane Taubira à Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas

PRISONS L’ancienne garde des Sceaux défend sa politique pénitentiaire après les déclarations du Premier ministre à la prison de Nîmes…

20 Minutes avec AFP

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Christiane Taubira à l’Université de New York le 29 janvier 2015
Christiane Taubira à l’Université de New York le 29 janvier 2015 — LEVY AMIR/SIPA

Christiane Taubira montre les crocs. L’ancienne garde des Sceaux revient dans le Canard enchaîné de cette semaine sur les « contradictions » du gouvernement en matière pénitentiaire, prévenant qu’elle peut « devenir méchante ».

L’ex-ministre de la Justice avait tweeté le 10 août pour défendre sa politique pénitentiaire, après une visite de Manuel Valls à la prison de Nîmes, au cours de laquelle il avait affirmé qu’en la matière, « le gouvernement agit, et tout particulièrement depuis que Jean-Jacques Urvoas est garde des Sceaux ».

Il ne « faut pas me chercher »

Revenant sur cet épisode, Christiane Taubira affirme au Canard avoir été « archi-correcte », mais qu’il ne « faut pas (la) chercher ».

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Pointant les « contradictions » du Premier ministre et de son successeur, elle affirme qu’elle a dû « (s) e battre pour obtenir le milliard nécessaire » à son plan de création de 9.700 nouvelles places de prison. Même, « à plusieurs reprises, Manuel (Valls lui) a demandé de retarder l’ouverture de chantiers de trois ou quatre mois, histoire d’accorder une petite respiration de trésorerie au budget de l’Etat », accuse-t-elle.

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« Je vais m’engager dans la campagne »

« Il ne faut pas que ces deux-là jouent à me faire la guerre ! Il y a eu en faveur de ma politique une dynamique collective, je ne vais pas laisser piétiner tout ça ! Je peux devenir méchante ! », menace-t-elle.

Et d’ajouter, alors que les grandes manœuvres en vue de 2017 ont commencé : « Je vais m’engager dans la campagne, mais, comment, je ne le sais pas encore. Je suis très sollicitée par des milieux divers, mais je ne ferai rien en catimini ».

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Christiane Taubira est notamment invitée à participer à l’université d’été des frondeurs à La Rochelle, les 10 et 11 septembre. Vendredi, son entourage a indiqué qu’elle avait « réservé sa réponse ».