Présidentielle: Montebourg 2011 VS Montebourg 2016, le match

MADE IN FRANGY Le trublion socialiste est de nouveau candidat à la présidence de la République...

T.L.G.

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Arnaud Montebourg, 2011/2016
Arnaud Montebourg, 2011/2016 — SIPA

Tiens, revoilà Montebourg. L’ancien ministre de l’Economie s’est lancé dans la bataille dimanche à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire) en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle. C’est la seconde fois que le trublion socialiste tente de briguer l’Elysée.

En 2011, le chantre de la « démondialisation » avait terminé troisième de la primaire PS (17,19 %) derrière François Hollande et Martine Aubry. Cinq ans plus tard, il est de nouveau sur la ligne de départ. 20 Minutes a comparé les deux cuvées de redressement productif, millésime 2011 vs 2016.

Le positionnement : égalité

Arnaud Montebourg, 2011/2016
Arnaud Montebourg, 2011/2016 - SIPA

Sur le fond, le Montebourg 2016 est, peu ou prou, sur la même ligne que celui de 2011. L’ancien chantre de la « démondialisation » est devenu le héraut du « made in France ». Mais les thématiques défendues ont la même coloration : protectionnisme industriel, mobilisation nationale pour les PME. Arnaud Montebourg se montre plus virulent envers « les politiques d’austérité » de Bruxelles (abandon des 3 %), et souhaite obtenir des Français un « mandat de dépassement des traités européens et de refondation de l’Union européenne ».

Partisan depuis longtemps d’une VIe République, le candidat plaide de nouveau pour une refondation institutionnelle (septennat non renouvelable, tirage au sort au Sénat, dose de proportionnelle à l’Assemblée). Contexte oblige, il a ajouté une dimension sécuritaire à son projet, et la création d’un service national de six mois, pour mobiliser la société française contre le terrorisme.

L’espace politique : avantage Montebourg 2011

Arnaud Montebourg en 2011.
Arnaud Montebourg en 2011. - Bob Edme/AP/SIPA

En 2011, Arnaud Montebourg avait creusé son sillon à la gauche du Parti socialiste. Le candidat avait d’ailleurs séduit une partie de l’électorat de gauche radicale. Jean-Luc Mélenchon saluait alors les points de convergence avec le programme du Front de Gauche.

Aujourd’hui, l’espace creusé semble s’être rétréci. A l’aile gauche du PS, c’est l’embouteillage des candidatures. Benoît Hamon, Marie-Noelle Lienemann et Gérard Filoche sont de la partie. S’il décide d’éviter la case primaire, Arnaud Montebourg devra affronter le vainqueur du scrutin, mais aussi Jean-Luc Mélenchon et le candidat écologiste.

Visibilité : Avantage Montebourg 2016

Arnaud Montebourg à la Fête de Frangy en 2016.
Arnaud Montebourg à la Fête de Frangy en 2016. - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Faiseur de roi au soir du premier tour, Arnaud Montebourg n’était pourtant qu’un « petit candidat » lors de son entrée en campagne en novembre 2010. Lui-même s’en amusait lors de son entrée en lice. « Je suis bien conscient de l’audace de cette déclaration. Je n’ai jamais été ministre ». Cinq ans plus tard, son passage au gouvernement (et son départ fracassant) l’ont fait gagner en notoriété.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, le « chantre du Made in France » est le troisième candidat préféré des sympathisants de gauche à la primaire (22 %), derrière François Hollande (32 %) et Emmanuel Macron (23 %).

Soutiens et alliés : égalité

Arnaud Montebourg, 2011/2016
Arnaud Montebourg, 2011/2016 - SIPA

En 2011, Arnaud Montebourg était un homme seul. Ses excès et son intransigeance désespéraient une partie de ses camarades. « Je ne suis pas un chevalier blanc, je suis un rénovateur qui en a assez d’avoir toujours raison seul », indiquait-il. Deux années au gouvernement et une retraite dans le privé plus tard, l’homme n’a pas rallié beaucoup plus de socialistes à son panache blanc. François Kalfon, conseiller régional socialiste d’Île-de-France et le député frondeur Laurent Baumel ont bien rejoint son équipe de campagne, mais les prises sont encore rares. « Il n’a pas su créer un groupe, il n’a pas de députés prêts à mourir pour lui », convient sous couvert d’anonymat un de ses amis à l’AFP.