Arrêtés anti-burkini: Manuel Valls taclé par la gauche, félicité par la droite

REACTION Le Premier ministre, qui s’est invité dans la polémique sur le burkini, suscite l'hostilité d'une partie de la gauche...

C.B. avec AFP

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Manuel Valls, le 15 juillet 2016 à Paris.
Manuel Valls, le 15 juillet 2016 à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Sa prise de position divise. En apportant son soutien aux maires - majoritairement de droite - qui ont interdit le port du burkini sur les plages, Manuel Valls a suscité l'hostilité d'une partie de la gauche.

«Mais il n'a rien d'autre à faire, le Premier ministre de notre pays ?» s'est insurgé Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, pour qui Manuel Valls, «en suivant les pas d'une droite très radicalisée qui court après le Front National, joue un jeu très dangereux».

«D'une certaine manière, il fait le jeu des terroristes, puisque c'est très précisément ce que veulent au final les terroristes, la guerre de religion, les tensions permanentes, le basculement vers la guerre civile», a-t-il accusé.

Deux conceptions de la laïcité au sein du PS

Le député PS «réformateur» Pascal Terrasse s'est pour sa part dit «surpris de voir à quel point le Premier ministre soutient les maires, sans que le Conseil d'Etat ou même la loi soient venus dire si cette décision était conforme à notre Constitution».

«Sa parole n'engage que lui. Je ne suis pas certain qu'elle puisse engager le Parti socialiste», a-t-il estimé. Jugeant que le «Premier ministre seul ne peut pas donner le la de la politique laïque de la France», il a appelé à un débat «sans hystérisation». Terrasse a aussi reconnu qu'il y a deux conceptions de la laïcité au sein du PS, «une conception libérale et une conception ultra-restrictive».

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A droite en revanche, la satisfaction est affichée, par tous. Le député LR Thierry Solère s'est «réjoui» que Manuel Valls comprenne la position des maires qui ont pris des arrêtés d'interdiction du burkini sur la plage, mais a aussi appelé le gouvernement à agir. «Que la justice fasse respecter l'interdiction de la burqa et que demain le gouvernement engage l'interdiction de ces habits, et surtout qu'il la fasse respecter», a-t-il lancé sur Europe 1.

Eric Ciotti a salué «une position courageuse», mais souligné que «les paroles ne peuvent suffire pour combattre le communautarisme».

Le Premier ministre n'entend cependant pas légiférer: «Je ne crois pas qu'il faille légiférer en la matière : la réglementation générale des prescriptions vestimentaires ne peut être une solution». «Avant de penser à légiférer, nous ferons appliquer la loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public», a dit celui qui, par ailleurs, s'était dit, au printemps, favorable à une interdiction du voile à l'université.

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Selon lui, «les autorités musulmanes doivent aussi condamner le voile intégral, condamner les actes de provocation qui créent les conditions d'une confrontation».

Plusieurs villes côtières de France, de Corse jusqu'au Pas-de-Calais, ont pris des arrêtés pour interdire le burkini: Cannes, Mandelieu-La Napoule, Villeneuve-Loubet, Cap-d'Ail, dans les Alpes-Maritimes, Le Touquet, dans le Pas-de Calais, administrées par des maires de droite. A Sisco, en Haute-Corse, le maire PS a fait de même, et un autre maire socialiste, à Oye-Plage dans le Pas-de-Calais, a annoncé vouloir suivre le mouvement.