Fondation pour l’islam: Chevènement «donne un conseil de discrétion» aux musulmans de France

RELIGION L’ancien ministre de l’Intérieur se dit prêt à présider la Fondation pour l’islam sauf si sa nomination devait entraîner «des problèmes insolubles»…

Vincent Vantighem

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Paris, le 19 août 2015. Jean-Pierre Chevènement.
Paris, le 19 août 2015. Jean-Pierre Chevènement. — HOMAS SAMSON / AFP

« Aucun responsable ne peut s’y dérober. » Dans une interview au Parisien, Jean-Pierre Chevènement se dit prêt à présider la Fondation pour les œuvres de l’islam de France, censé permettre une meilleure intégration de l’islam dans la République.

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« Je ne m’y déroberai pas, assure-t-il. Sauf si ma nomination devait entraîner des problèmes insolubles qui me forceraient à me retirer. » Pressenti depuis quelques semaines pour présider cette Fondation, l’ancien ministre de l’Intérieur, aujourd’hui âgé de 77 ans, a tout de même posé deux conditions : « que les financements étrangers [des lieux de culte] soient prohibés » et qu’il puisse toujours bénéficier de sa « liberté d’expression en tant qu’homme politique au long cours ».

« Je n’entends nullement m’immiscer dans la sphère du religieux »

Suscitant un début de polémique, sa nomination avait été critiquée par plusieurs personnalités qui estimaient qu’il fallait un musulman pour présider cette fondation. Un point sur lequel l’ancien responsable politique du MRC a répondu dans cette interview. « Le futur président de cette fondation ne sera pas chargé de promouvoir l’islam. Je ne suis pas musulman. Je suis un républicain laïc. Je n’entends nullement m’immiscer dans la sphère du religieux ».

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Et Jean-Pierre Chevènement ne compte pas perdre de temps si sa nomination est validée. Evoquant « la formation profane » des imams, il compte demander que leur soit enseignée « la citoyenneté française, le cas échéant la langue française, les principes généraux du droit… »

« L’effort de recourir à la ‘’raison naturelle’’ »

Et surtout, il se permet déjà de donner un conseil de « discrétion » aux musulmans de France, comme l’a fait « le recteur de la mosquée de Bordeaux ». Ce qui risque, avant même sa nomination, de faire grincer des dents. « Les musulmans, comme tous les citoyens français, doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté. Mais il faut aussi qu’ils comprennent que, dans l’espace public où se définit l’intérêt général, tous les citoyens doivent faire l’effort de recourir à la ‘’raison naturelle’’ ».

Plus loin, il conclut cette interview en rappelant son mantra : « Si nous aimons la France, il faut faire des Français de confession musulmane des Français qui, comme les autres, ont envie de travailler à l’essor de la France. »