Attentat de Nice: Face à la polémique, l'exécutif organise la défense de Bernard Cazeneuve

GOUVERNEMENT François Hollande et Manuels Valls ont pris la parole jeudi, avant qu'une partie du gouvernement prenne le relais...

Clémence Apetogbor

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Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian ont rencontré les soldats de l'oopération Sentinelle le 18 juillet 2016 à Avignon
Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian ont rencontré les soldats de l'oopération Sentinelle le 18 juillet 2016 à Avignon — BORIS HORVAT / AFP

Tous derrière Bernard Cazeneuve. Alors que le ministre de l’Intérieur se trouve au cœur d’une  polémique autour du dispositif de sécurité le soir de l' attentat de Nice, de nombreux membres de l’exécutif ont signifié leur soutien à leur collègue ces dernières heures. Sans se concerter ?

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Dès jeudi, François Hollande a salué depuis Dublin (Irlande) la décision de son ministre de l’Intérieur de demander une enquête administrative à l’Inspection générale de la police (IGPN), qui « rendra son travail la semaine prochaine ». Avant de préciser : Bernard Cazeneuve « a fait preuve de sang-froid, de rigueur et de compétences qui à mon sens ne devraient pas laisser place à quelques polémiques simplement à la demande de vérité et de transparence. »

Les ministres en escadron

Quelques heures plus tard, le Premier ministre, Manuel Valls, a embrayé en jugeant « insupportable la remise en cause permanente de la parole de l’Etat, du préfet, des policiers ». Réagissant lors d’un déplacement en Savoie, il a indiqué que « dans ces moments-là, il faut que la vérité soit faite, mais qu’on respecte l’Etat et sa parole publique ». « Dans ces moments-là, on a besoin d’unité », a-t-il ajouté, en assurant de son « soutien absolu et total » aux forces de l’ordre et au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

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Puis, dans la soirée, ce sont les ministres qui ont pris le relais. En l’espace de quelques dizaines de minutes, trois d’entre eux ont tweeté un message de soutien à Bernard Cazeneuve. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a ainsi assuré que « Bernard Cazeneuve est un ministre honnête qui fait son travail avec le plus grand sérieux, comme les forces de l’ordre partout en France ». Le porte-parole du gouvernement a également dénoncé l’article de Libération, qui affirme qu’ une seule et unique voiture de police municipale barrait l’entrée de la zone piétonne de la promenade des Anglais..

Puis Jean-Vincent Placé, secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat et de la Simplification, a suivi en apportant « tout (s)on soutien à (s)on collègue @BCazeneuve, un homme d’Etat sincère et intègre ».

Avant que son ex-camarade chez EELV, Emmanuelle Cosse, apporte sa pierre à l’édifice. « Les motivations des attaques contre @BCazeneuve sont transparentes. Indigne, indécent et irresponsable », a lancé la ministre du Logement et de l’Habitat durable.

Ce vendredi matin, c’est finalement Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, qui en a remis une couche en se prenant à Christian Estrosi. « On voit bien qu’il y a une espèce de fuite en avant de M. Estrosi. Je pense qu’il s’est d’une part avancé de façon assez odieuse au plan polémique contre le ministre de l’Intérieur, et que peut-être ses propres responsabilités, il essaie de les fuir », a-t-il accusé.

Si le gouvernement tient bon, la polémique n’est pourtant pas près de retomber. Dans son édition de ce vendredi, Libération maintient ses affirmations sur le « mensonge » des autorités et publie ses réponses au ministre de l’Intérieur au sujet de la sécurisation de la promenade des Anglais le 14 juillet. Les conclusions de l’IGPN sont, elles, désormais très attendues.