VIDEO. Etat d'urgence: Echanges tendus entre Valls et Wauquiez à l'Assemblée

PARLEMENT L’intervention de Laurent Wauquiez a déclenché la colère du Premier ministre et des socialistes…

H. B. avec AFP

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Manuel Valls s'est emporté après les propos tenus par Laurent Wauquiez.
Manuel Valls s'est emporté après les propos tenus par Laurent Wauquiez. — FRANCOIS GUILLOT

Les débats ont été houleux à l’Assemblée nationale durant la nuit de mardi à mercredi. Les députés ont voté une quatrième prolongation de l’état d’urgence dans une ambiance très tendue. Une intervention de Laurent Wauquiez pour défendre le principe de centres de rétention pour les « suspects » d’actes terroristes a déclenché l’ire du Premier ministre et aussi de socialistes, dans un hémicycle au bord de l’incident de séance peu après 2h30 du matin.

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« Dans ceux à l’origine de très nombreux attentats terroristes au cours des derniers mois, il y avait très souvent des individus qui étaient surveillés par les réseaux de renseignement, classés dans les fichiers S, et qui, si vous aviez appliqué cette mesure, n’auraient pas pu passer à l’acte », a accusé le député de Haute-Loire et président d’Auvergne-Rhône-Alpes, demandant de « changer le droit ».

« Dehors, facho ! », ont lancé des députés de gauche

Là où « vous invoquez les libertés personnelles des terroristes, nous disons : il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la République », a-t-il ajouté, sous des huées à gauche. « Dehors, facho ! », a-t-on pu entendre sur certains bancs de gauche.

Manuel Valls lui a vertement répliqué, dénonçant des propos « inadmissibles ». « Je ne crois pas que ce soit un dérapage de votre part, je pense que c’est une stratégie de votre part, que je ne confonds pas avec la droite républicaine. Cette stratégie, elle vous emportera », a-t-il prédit.

« Je ne me laisserai jamais entraîner par un opportuniste », s’énerve Valls

« La France dont je dirige le gouvernement ne sera pas celle où seront instaurés des centres où l’on enferme de manière indéterminée, pour un temps indéterminé, des individus que l’on suspecte », a ajouté le locataire de Matignon, selon qui « la notion même de suspect a entraîné ce pays à des moments donnés, dans son histoire au cours des deux derniers siècles, dans le pire ».

« Je ne me laisserai jamais entraîner par un opportuniste dans cette voie-là », a conclu Manuel Valls sous les applaudissements de son camp, après avoir aussi critiqué une mesure « inconstitutionnelle » et contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Valls « caricature » les propositions de droite, estime Ciotti

Le député Les Républicains des Alpes-maritimes Eric Ciotti a ensuite accusé le Premier ministre de « caricaturer » les propositions de la droite. « Il s’agit de personnes extrêmement dangereuses pour notre société. Il y a aujourd’hui 70 procédures d’hospitalisation sous contrainte pour des personnes qui présentent une dangerosité, et vous refusez une procédure similaire pour des personnes qui sont beaucoup plus dangereuses », a argué le député et président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.