VIDEO. Meeting à la mutualité: Ce qu’il faut retenir du show Macron

POLITIQUE Le ministre de l'Economie tenait le premier grand rassemblement de son mouvement En Marche!, mardi soir à Paris...

M.C.

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Emmanuel Macron à la Mutualité, à Paris, le 12 juillet 2016.
Emmanuel Macron à la Mutualité, à Paris, le 12 juillet 2016. — PATRICK KOVARIK / AFP

Ambiguïté sur 2017, petites piques et grandes phrases : à deux jours de l’allocution de François Hollande du 14 juillet, Emmanuel Macron a prononcé un discours fleuve de plus de 1h20 devant 3.000 militants et sympathisants de son mouvement En Marche !, réunis à la Mutualité pour un premier grand meeting. Voici ce qu'il fallait en retenir.

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Il a savamment entretenu l’ambiguïté sur 2017

Sans se déclarer ouvertement candidat, le ministre a multiplié les allusions à l’élection présidentielle : « A partir de ce soir, nous devons être ce que nous sommes, c’est-à-dire le mouvement de l’espoir », a d’abord lancé Emmanuel Macron. Puis, au sujet de son mouvement En Marche ! : « nous le porterons ensemble jusqu’à 2017 et jusqu’à la victoire ».


Macron en meeting : "Ce mouvement, nous le porterons ensemble jusqu'en 2017 et jusqu'à la victoire"

Petites piques adressées à Valls

Sans le nommer, Emmanuel Macron a tenu à asticoter Manuel Valls, qui avait lâché mardi après-midi un « Il est temps que tout cela s’arrête » au sujet des meetings de son sémillant ministre de l’Economie, relançant les spéculations sur un éventuel départ du gouvernement de celui-ci. « On en refera d’autres », a rétorqué l’intéressé, un rien provocateur, au début de son meeting. Il a aussi pris le contre-pied du chef du gouvernement en se disant défavorable à l’interdiction du voile à l’université.


Macron en meeting sur son idée de l'identité française

François Hollande ? « Je ne le remercierai jamais assez »

Pendant son discours, Emmanuel Macron a semblé vouloir donner des signes d’apaisement envers François Hollande. « Le président de la République m’a fait confiance et je ne l’en remercierai jamais assez », a-t-il lancé, alors que ses propres ambitions présidentielles s’annoncent comme un nouvel obstacle pour un deuxième quinquennat Hollande. « Je ne veux pas d’une mode qui consisterait à dire du mal du gouvernement ou du président de la République, ce n’est pas ma crémerie ! ».

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Critiques voilées

Ce qui ne l’a pas empêché d’émettre une critique voilée en parlant d’un pays « usé des promesses non tenues » et usé « de l’entre chien et loup ». Emmanuel Macron a semble-t-il aussi voulu accentuer sa tonalité sociale. Si le premier grand pilier de sa politique est de « libérer le pays », « on ne peut pas demander aux Françaises et aux Français de prendre des risques s’il n’y a pas de filets de sécurité, de solidarité, quelque chose qui nous fait avancer ensemble. C’est ça le deuxième pilier », a-t-il lancé.

« Je suis de gauche, c’est mon histoire, c’est ma famille »

« Ni de droite, ni de gauche », Emmanuel Macron ? « Je suis de gauche, c’est mon histoire, c’est ma famille », a assuré le ministre, qui a aussi déclenché une ovation debout en saluant Michel Rocard, décédé début juillet. « Une soirée comme ce soir, je peux pas ne pas penser » à lui, a-t-il souligné, tout en affirmant : « On ne récupère pas Rocard, des gens ont essayé de son vivant ils n’ont pas réussi, bon courage pour le faire maintenant ». Une nouvelle pique à Manuel Valls, qui a multiplié les hommages et s’est redit « rocardien » après le décès de l’ancien Premier ministre.

« Il ne s’agit pas de dire qu’il n’y a pas de différence entre la gauche et la droite », a toutefois nuancé Emmanuel Macron. Mais « nous devons dépasser ce clivage, nous devons aller plus loin. Non pas pour former un nouveau parti » mais pour créer « un mouvement qui rassemble ».

La rue qui gronde à l’extérieur

Le meeting avait débuté dans une ambiance tendue aux abords de la salle : les participants avaient été accueillis par une centaine de manifestants contre la loi travailavec des jets d’œufs et des sifflets. « Les bourgeois, les banquiers, c’est par là », criait un manifestant en montrant l’entrée de La Mutualité, alors que des partisans du ministre, nombre d’entre eux en costume, attendaient de pouvoir entrer.