Primaire à droite: Avec le vote samedi de son programme par le Conseil national LR, Sarkozy coince ses concurrents

POLITIQUE Nicolas Sarkozy va soumettre lors d’un Conseil national des Républicains, samedi à Paris, le projet du parti pour la présidentielle de 2017…

A.-L.B.
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Une militante au meeting de Nicolas Sarkozy, le 8 juin 2016 à Lille.
Une militante au meeting de Nicolas Sarkozy, le 8 juin 2016 à Lille. — Sarah ALCALAY/SIPA

Une journée où l’on va compter les présents et surtout les absents. Samedi à Paris, à la Mutualité, le programme du parti Les Républicains (LR) pour la présidentielle 2017 est soumis au vote des conseillers nationaux. Sauf que ce programme, taillé par et pour l’ancien président, n’est pas du goût des autres candidats à la primaire. Certains ont donc décidé, à l’instar de Bruno Le Maire, de sécher cette réunion d’un millier de membres du parti. 20 Minutes revient sur les quatre questions de cette journée politique…

  • Quel est ce texte soumis au vote des conseillers nationaux du parti ?

Le texte voté ce samedi sera le programme officiel du parti Les Républicains pour la présidentielle 2017. Il exprime notamment les positions de Nicolas Sarkozy sur ses thèmes favoris que sont l’autorité ou la réforme de l’espace Schengen. Il est complété par les conclusions de conventions thématiques (« Economie », « Défense », « Etat-institutions-collectivités »…) organisées par le parti. La dernière de ces réunions, consacrée aux institutions, s’est tenue ce mercredi au siège du parti.

  • Ce programme LR est-il définitif ?

Le projet LR voté ce samedi est celui du candidat à la présidentielle de 2017. Cependant, ce texte n’est pas définitif. Comme l’a rappelé Eric Woerth ce vendredi matin sur Europe 1, ce texte « est une première brique ». « Il y a le projet des Républicains, et après il y a le projet de chaque candidat. C’est un continuum. […] C’est un débat qui va se poursuivre jusqu’à l’élection présidentielle », a expliqué le secrétaire général du parti.

Des modifications sont donc possibles. « Comme pour le programme des socialistes adopté dans la perspective de la présidentielle de 2012, Les Républicains vont adopter une norme – fermeté et libéralisme économique – qui pourra être modifiée à la marge par le vainqueur de la primaire », juge Eddy Fougier, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

  • Qui vient, qui sèche ?

Un programme calibré par Nicolas Sarkozy, non merci. Les candidats à la primaire ne veulent pas être liés par un programme différent du leur. Certains des candidats, Bruno Le Maire et Henri Guaino, ont d’ailleurs fait savoir qu’ils ne participeraient pas au raout de samedi. Un signe interprété comme une insubordination, ou une prise de liberté, par rapport à Nicolas Sarkozy.

D’autres, comme Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, feront un tour à la Mutualité mais ne resteront pas jusqu’à 16 heures, heure à laquelle Nicolas Sarkozy doit prendre la parole. Nadine Morano viendra et prendra la parole à 10h40 «pour une analyse de la situation». «Après je ne sais pas encore si je reste jusqu'à 16 heures car je rentre en Lorraine... et surtout parce que l'on ne connaît toujours pas le programme de la journée», déplore-t-elle auprès de 20 Minutes

Sécher cette grand-messe, une bonne idée? « Pour les candidats, il y a des inconvénients évidents à venir demain dans un fief sarkozyste », commente le chercheur Eddy Fougier. « Après les sifflets adressés à Alain Juppé [lors d’un meeting de Nicolas Sarkozy à Bordeaux en novembre 2014], il y a une jurisprudence : la personne huée sait que ce sera précisément ces sifflets qui seront repris par les télés et resteront dans les mémoires. Pour moi, les absents prennent moins de risques que les autres, car ils évitent l’éventualité d’un affront. »

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  • Ce vote va-t-il légitimer la prochaine candidature de Nicolas Sarkozy ?

Les propositions avancées par Nicolas Sarkozy n’ont été, jusqu’à présent, jamais remises en cause par les adhérents. L’ancien président peut donc s’appuyer sur le vote de samedi pour renforcer son poids par rapport aux autres prétendants à l’Elysée. « Nicolas Sarkozy cherche à renouveler sa légitimité au sein du parti, et un score important lui serait évidemment favorable, contrairement au petit 64 % obtenu lors de son élection à la présidence du parti », ajoute Eddy Fougier. « Plus le résultat du vote sera écrasant, plus il aura un avantage sur ses futurs concurrents Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire », estime encore le chercheur. La déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy, qui ne fait plus de doute, est attendue vers la fin août.