Cumul des mandats: Sarkozy ne fait pas l'unanimité chez les Républicains

POLITIQUE L'ancien chef de l'Etat plaide pour le retrait de la loi qui interdit le cumul d'un mandat de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur...

M.C. avec AFP
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Nicolas Sarkozy dans la cour de l'Elysée, le 25 juin 2016.
Nicolas Sarkozy dans la cour de l'Elysée, le 25 juin 2016. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Nicolas Sarkozy rencontre de la résistance dans son propre parti avec son idée de supprimer la loi sur le non- cumul des mandats. Mercredi lors d'une convention des Républicains sur les institutions, l'ancien chef de l'Etat a de nouveau plaidé pour le retrait de cette loi, votée en janvier 2014 et qui entrera en vigueur en 2017. Elle interdit le cumul d'un mandat de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur.

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«Des parlementaires qui n'auraient pas de mandat local, qui feraient la loi du lundi au dimanche sans un enracinement dans leur territoire, ce serait une erreur gravissime!», s'est exclamé Nicolas Sarkozy. «Avec le mandat unique, on augmente de 30 à 40% le nombre de membres de la classe politique alors que je pense qu'il faut la réduire», a-t-il encore argumenté.

Un référendum le jour du second tour des législatives

Sa proposition (ainsi que d'autres, comme la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires) fait partie du projet des Républicains pour la présidentielle de 2017, qui sera soumis samedi au Conseil national du parti (son «parlement»), réuni à la Mutualité à Paris.

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Avec la volonté affichée de «repenser notre modèle démocratique», l'ex-chef de l'Etat a également annoncé son intention de demander aux Français leur avis sur ces questions par référendum, qui se tiendrait «le jour du second tour des législatives suivant la présidentielle», tentant de démentir la prévision de Manuel Valls, Premier ministre, qui affirmait le 17 mai dernier: Sarkozy «ment» quand il promet de revenir sur le non-cumul.

«Retour à la vieille politique»

Mais dans sa propre famille politique, cette proposition est vivement décriée. «Totalement désepérant d'avoir pour première mesure en 2017 de revenir sur le non-cumul... Quel retour à la vieille politique!», s'est exclamé Bruno Le Maire, candidat à la primaire, dans un tweet.

«Je suis absolument, radicalement, contre le retour au cumul des mandats», affirmait le 22 juin Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France. «Je comprends bien que le député-maire était une figure de la Ve République, je comprends bien que c'est dur de renoncer», ajoutant même: «je ferai voter contre, tous ceux sur lesquels j'ai une influence».

Cette loi sur le non-cumul, «je ne veux pas qu'on revienne dessus», a également affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, mercredi à l'émission «Questions d'info» LCP-France Info-Le Monde-AFP. «Je crois que des propositions qui sont faites aujourd'hui d'aller faire des référendums en même temps que le deuxième tour des élections législatives sont absolument toxiques».