Alain Escada le président de Civitas
Alain Escada le président de Civitas — PATRICK KOVARIK / AFP

POLITIQUE

L'Institut Civitas devient un parti politique

Le nouveau parti expliquera en septembre la stratégie qu'il souhaite mettre en oeuvre...

L’association Civitas, proche de l’extrême droite catholique, se revendique désormais comme un « mouvement politique inspiré par le droit naturel et la doctrine sociale de l’Église catholique ».

Considéré comme le bras séculier de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX, traditionalistes lefebvristes), Civitas a vu sa structure de gestion « agréée en qualité d’association de financement » de parti politique, selon une décision parue le 12 juin au Journal officiel.

« Sorti par la porte, rentre par la fenêtre »

Une annonce qui a ému le député de gauche Olivier Falorni, dénonçant un « scandale » dans un courrier au ministre de l’Intérieur transmis mardi à l’AFP.

« Civitas, sorti par la porte, rentre par la fenêtre », a déploré auprès de l’AFP Olivier Falorni (apparenté Parti radical de gauche), alors que l’association s’était vu privée en janvier de la capacité de délivrer des reçus permettant à ses donateurs de bénéficier d’une déduction fiscale.

« Le contribuable n’a pas à financer le fonctionnement d’une association qui prône la discrimination, prêche la haine, conteste la démocratie », a ajouté le député de Charente-Maritime. Comme tout parti politique, Civitas, qui s’était illustré lors de la mobilisation contre le mariage homosexuel en dénonçant « l’homofolie », peut désormais recevoir des dons jusqu’à 7.500 euros par personne, avec une possibilité de réduction d’impôt de 66 %.

« Je ne peux accepter qu’on ait demain des bulletins de vote Civitas alors que cette organisation, prône une théocratie totalitaire, ne s’intègre pas dans le champ d’une république laïque », a poursuivi le parlementaire, qui a écrit lundi au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour dénoncer ce « véritable scandale ».

Une « représentation politique autonome »

Pour qu’une association soit considérée comme un parti politique, il faut qu’une association de financement y soit adjointe. « Les préfectures enregistrent les demandes de création. A partir du moment où les éléments prévus par la loi sont réunis, l’association est automatiquement créée », a précisé à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur Pierre-Henry Brandet.

Civitas a été déclaré comme parti politique en 1999 à la sous-préfecture d’Argenteuil (Val-d’Oise) mais son association de financement n’a été déclarée que le 30 mars 2016.

Joint par l’AFP, le président de Civitas, Alain Escada, a dit ne pas voir « pourquoi les mouvements pro-vie, pro-famille, catholiques enracinés ne pourraient pas disposer d’une représentation politique autonome ».

Quelle stratégie mise en oeuvre ?

Il a promis d’expliquer en septembre cette « entrée sur la scène politique, ainsi que la stratégie que nous comptons mettre en oeuvre ».

« Il est évident que nous sommes aujourd’hui des orphelins politiques », a-t-il relevé, en disant ne pas se reconnaître, par exemple, dans le programme du Front national.

« Le calendrier ne nous permet pas d’envisager l’échéance de la présidentielle, mais il est évident que nous allons tenter de jouer un rôle en faisant entendre notre point de vue », a encore indiqué Alain Escada, disant défendre « une troisième voie, celle du catholicisme social, entre le libéralisme capitaliste et le socialo-marxisme ».